L’économie circulaire: la voie du zéro déchet

Dans l’imaginaire collectif, l’économie est souvent opposée à l’environnement, comme si l’un détruisait l’autre et que l’autre empêchait l’un de rouler. Or, il est possible de faire fonctionner les deux en harmonie. C’est ce que propose l’économie circulaire.

L’économie actuelle fonctionne selon un modèle linéaire : extraction des ressources, transformation, utilisation, puis mise au rebut. La circularité est une approche complètement différente qui permet d’atteindre un équilibre entre les ressources disponibles et les besoins humains. Son but est de créer des impacts positifs sur l’environnement et la communauté, au lieu de simplement limiter les dommages causés par les activités économiques humaines.

Ainsi, dans une économie circulaire, les déchets sont traités comme des ressources exploitables et restent dans la boucle de production. On appelle ce concept « du berceau au berceau » (Cradle to cradle), par opposition au modèle linéaire traditionnel du berceau au tombeau (Cradle to grave). La circularité s’attaque donc à deux aspects majeurs de la crise environnementale, soit la pression croissante exercée sur les ressources naturelles et la production de déchets en quantité astronomique.

Cette façon de faire s’inspire du concept de l’écosystème. En effet, dans la nature, le concept de déchet n’existe pas. Chaque élément a sa place et sert un objectif bien précis dans le cycle de la vie. Les plantes et les animaux qui meurent nourrissent les micro-organismes, qui les décomposent en nutriments assimilables par les plantes. Ces dernières poussent et nourrissent les animaux, qui meurent à leur tour et poursuivent le cycle. L’économie circulaire imite donc l’ingéniosité de la nature en reprenant le fonctionnement en boucle fermée des écosystèmes. Comme le dit Lavoisier : « Rien ne se perd, rien ne se crée : tout se transforme! ».

L’ADEME, l’Agence de la transition écologique française, définit l’économie circulaire par sept piliers, divisés en trois domaines, que nous expliquerons plus bas.
ADEME - Économie circulaire

OFFRE ET ACTEURS ÉCONOMIQUES

Pilier 1. L’approvisionnement durable

L’extraction des ressources doit se faire en limitant les impacts environnementaux et en favorisant la justice sociale. Si possible, on vise la durabilité de la ressource, en favorisant sa régénération. Dans le secteur agroalimentaire, il faut limiter les pesticides et les monocultures et en foresterie, on doit remplacer les coupes à blanc par des coupes sélectives.

Pilier 2. L’éco-conception

Il est possible de concevoir des produits qui permettent le désassemblage en fin de vie, puis un réassemblage des pièces pour en faire de nouveaux biens. Ainsi, les entreprises peuvent mettre en place des collectes de leurs vieux appareils pour les reconditionner et les revendre. Le recyclage devrait être la dernière option envisagée, car son efficacité varie en fonction du comportement des individus, et qu’il est peu efficace quand vient le temps de démonter des matériaux amalgamés.

Pilier 3. L’économie de la fonctionnalité

Au-delà d’un changement de design du produit, il est possible de changer de modèle d’affaires! Certaines entreprises choisissent de louer leurs produits au lieu de les vendre.. Mentionnons Michelin (pneus), Xerox (imprimantes) et Philips (éclairage) qui proposent à leur client d’acheter un service d’utilisation de leurs produits au lieu des produits eux-mêmes. Ce modèle d’affaires renverse la tendance de l’obsolescence programmée, car l’entreprise reste propriétaire et seule responsable de son produit.

Pilier 4. L’écologie industrielle et territoriale (ou symbiose industrielle)

C’est ici que le concept de l’écosystème entre en jeu, alors qu’un groupe d’entreprises s’allie pour travailler en réseau. Les intrants et sortants de chacune de ces compagnies sont mis en relation pour créer des circuits de production fermés et bien sûr, sans déchets. Comme dans la nature, chaque acteur dépend des autres et permet à la chaîne d’exister.

Prenons l’exemple des résidus de brasserie, appelés drêches. Ces derniers peuvent être séchés, moulus et transformés en farine, comme le fait l’entreprise Still Good, qui produit des biscuits à partir de cette matière première. Les résidus qui restent après la transformation de la farine sont utilisés par TriCycle, afin de nourrir leurs élevages d’insectes comestibles. Les déjections des petites bêtes sont ensuite utilisées comme fertilisants qui pourront servir à faire pousser de l’orge, qui ensuite se transformera en bière. La boucle est bouclée!

DEMANDE ET COMPORTEMENT DU CONSOMMATEUR.TRICE 

Pilier 5. La Consommation responsable

La clé est de se tenir informé des origines des produits ainsi que des pratiques des entreprises. L’économie du partage, soit la mise en commun des biens, est aussi une belle solution, que ce soit l’autopartage, les bibliothèques, bibliothèque d’outils ou même des solutions à plus petite échelle avec des amis ou la famille. Pilier 6. L’allongement de la durée d’usage

De résister à l’attrait des nouveaux produits, de réparer lorsque possible et d’acheter seconde main sont les points majeurs à retenir !

GESTION DES DÉCHETS

Pilier 7. Le recyclage 

L’objectif est de trouver des débouchés aux déchets qui permettent de les sauver de l’enfouissement. Les matières résiduelles se classent en deux secteurs, biologique ou technique, en fonction de leur composition.

Les boucles de valeur de l'économie circulaire (source : Institut de l'économie circulaire, inspiré de la Fondation Ellen MacArthur)

Le cycle biologique comprend la matière organique (déchets agricoles et forestiers, invendus des épiceries, compost domestique), qui doit le plus possible retourner à la terre pour fertiliser les sols. En agissant ainsi, on évite la production de déchets et on limite les besoins en engrais chimiques. La matière organique peut aussi servir de biomasse pour produire de l’énergie.

Le cycle technique rassemble tout ce qui est inorganique. Les produits devraient être partagés, réparés, réutilisés, reconditionnés et, seulement si rien de tout cela n’est possible, recyclés.

Un rapport de Recyc-Québec publié en 2021 estime à 3,5% l’indice de circularité de l’économie québécoise, ce qui veut dire que 96,5% des ressources consommées suivent le modèle linéaire et sont au final perdues. Pour comparer, la moyenne mondiale de l’indice de circularité est de 8,6% et le Danemark atteint 25%. Nous pouvons faire mieux que ça!

Pour conclure, le potentiel de l’économie circulaire, qui s’attaque directement à la source du problème, est énorme. De plus en plus d’entreprises adoptent des pratiques qui s’inscrivent dans ce courant, ce qui laisse présager une éventuelle révolution industrielle, bénéfique pour notre planète. Pour y arriver, il faudra cependant réussir à impliquer différents acteurs, d’une part, les consommateurs.trices, par un changement de leurs habitudes de consommation, d’autre part l’industrie, par une responsabilisation des entreprises. Si tous participent à cette transition, il n’est peut-être pas si utopique de rêver à un monde sans dépotoirs.


PAR EUGÉNIE LESSARD POUR L’ASSOCIATION QUÉBÉCOISE ZÉRO DÉCHET
 
De la même autrice :

SOURCES

ADEME. (s.d.). Économie circulaire. https://www.ademe.fr/expertises/economie-circulaire

Bansard, J. et Schroder, M. (2021, 15 avril). L’exploitation durable des ressources naturelles : Le défi de la gouvernance. The International Institute for Sustainable Development.  https://www.iisd.org/fr/articles/lexploitation-durable-des-ressources-naturelles-le-defi-de-la-gouvernance

Bérard, D. (2018, 15 mars). “L’économie circulaire est une stratégie d’affaires”. Les affaires. https://www.lesaffaires.com/blogues/diane-berard/comment-l-economie-circulaire-peut-donner-du-swing-et-du-coeur-au-quebec/601142

Économie de fonctionnalité. (s.d.). L’économie de fonctionnalité en pratique. http://economiedefonctionnalite.fr/en-pratique/

Ellen MacArthur Foundation. (s.d.). Circular economy introduction.  https://ellenmacarthurfoundation.org/topics/circular-economy-introduction/overview

Fonds Écoleader. (s.d.). Un monde où rien ne se perd et tout se transforme, c’est possible? https://www.fondsecoleader.ca/videos/un-monde-ou-rien-ne-se-perd-et-tout-se-transforme-cest-possible/

Recyc-Québec. (s.d.). L’économie circulaire, une priorité. https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/entreprises-organismes/mieux-gerer/economie-circulaire

Recyc-Québec. (2021). Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec. https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/sites/default/files/documents/rapport-indice-circularite-fr.pdf

Recyc-Québec. (s.d.). Rapport sur l’indice de circularité de l’économie du Québec : un guide pour faire plus et faire mieux. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/bis/602762/rapport-sur-l-indice-de-circularite-de-l-economie-du-quebec-un-guide-pour-faire-plus-et-faire-mieux

Sagan, A. (2019, 18 août). Des entrepreneurs se tournent vers la drêche. La Presse. https://www.lapresse.ca/affaires/entreprises/2019-08-18/des-entrepreneurs-se-tournent-vers-la-dreche

Souaid, T. (2021, 23 mars). Économie circulaire — une opportunité de développement durable. AltO2. https://alto2.ca/economie-circulaire-une-opportunite-de-developpement-durable/

Tamaehu-Plovier, L. (2020, 25 mai). Les 12 stratégies de circularité : Économie de fonctionnalité. Québec Circulaire. https://www.quebeccirculaire.org/articles/h/les-12-strategies-de-circularite-economie-de-fonctionnalite.html

Upcyclea. (s.d.). Cradle to cradle : Le berceau de l’économie circulaire. https://www.upcyclea.com/cradle-to-cradle/

Un potager urbain à partir de presque rien

Dans un monde idéal, j’aurais accès à une belle cour verte remplie de végétation, avec un sol riche et fertile, parfait pour faire un jardin en pleine terre. À la place, l’espace derrière mon immeuble est une allée asphaltée menant à la rue. Disons que du point de vue du verdissement, c’est un beau défi ! D’autant plus qu’en étant locataire, il est impossible de faire des travaux majeurs. Voici donc notre projet, à mon copain et moi, visant à transformer l’espace le plus hostile en ville en petit coin de paradis.

Construction du bac de plantation

Pour les légumes nécessitant une bonne profondeur de terre, les pots que nous avions n’étaient pas suffisants. Nous avons donc construit un bac de plantation en palettes recyclées, trouvées dans le quartier. Elles ont été assemblées à la verticale. Des renforts de bois ont été placés à mi-hauteur, ce qui laisse une hauteur de terre suffisante (+- 18’’). Nous avons placé un treillis de plastique (lui aussi trouvé) au fond pour supporter la toile géotextile. La construction permet le drainage à travers le fond.

Un grillage à poule est installé sur le dessus du bac pour éviter l’intrusion d’écureuils et d’oiseaux qui pourraient endommager les plants et déterrer les graines. Des pics à brochette en bois peuvent aussi être plantés pour les repousser.

Aménagement

C’est fou ce qu’on peut faire avec des palettes ! Nous en avons construit un banc. Pour le reste du mobilier, nous avons opté pour le seconde main.

Évolution du jardin

Les semis ont été partis à l’intérieur en mars-avril, à partir de graines. Des contenants de plastique transparents (ex: d’épinards ou de croissants) ont été placés dessus pour faire comme une petite serre.

Nous les avons par la suite transplantés à l’extérieur à la fin mai. Les tomates ont été plantées trop serrées. Oups ! Nous avions donc une jungle touffue de plants. Nous avons été surpris par l’abondance de verdure.

Les légumes en pots sont plus sensibles à la sécheresse et ont nécessité un arrosage quotidien. Une fois les plants de tomates rendus matures, ils ont contribué au maintien de l’humidité en créant de l’ombre. Le gros bac avait donc moins besoin d’arrosage que le reste.comme une petite serre.

LA RÉCOLTE

La récolte de tomates et de concombres a été généreuse ! Nous en avons récolté plus que nous ne pouvions en manger et en avons partagé avec les voisins. Par contre, les carottes et les betteraves, aux pieds des plants de tomates, ont reçu peu d’ensoleillement et ont souffert du manque d’espace. Les meilleures betteraves avaient la taille d’une balle de golf et les carottes ressemblaient à des cure-dents. Nous leur donnerons plus d’espace cette année.

fin de saison

La récolte de tomates et de concombres a été généreuse ! Nous en avons récolté plus que nous ne pouvions en manger et en avons partagé avec les voisins. Par contre, les carottes et les betteraves, aux pieds des plants de tomates, ont reçu peu d’ensoleillement et ont souffert du manque d’espace. Les meilleures betteraves avaient la taille d’une balle de golf et les carottes ressemblaient à des cure-dents. Nous leur donnerons plus d’espace cette année.

Amélioration futures

Pour éviter les températures torrides causées par l’abondance d’asphalte, des tapis extérieurs pourraient être placés sur le sol. Ça ajouterait une touche de couleur et permettrait de s’assoir par terre. Par contre, la grande surface asphaltée a quelques avantages. D’abord, comme il fait plus chaud à cause de ce revêtement, c’est bon pour les semis en début de saison. Il semblerait aussi que l’asphalte bouillant ne soit pas très apprécié des écureuils, qui sont un fléau pour les jardins en ville.

Cette année, un morceau de mobilier en bambou, lui aussi récupéré dans le quartier, servira de support pour les concombres rampants.

 

 

 

Pour en apprendre davantage sur l’aménagement d’une cour écoresponsable, jetez un coup d’oeil à cet article : Aménager sa cour écoresponsable.

 

Par Eugénie lessard pour l’association québécoise zéro déchet

Démystifions les bioplastiques

Le plastique à usage unique est un fléau auquel on doit impérativement trouver des alternatives. Les bioplastiques se présentent comme une option plus écologique, mais le sont-ils vraiment ? À travers l’information contradictoire qui circule, il est souvent difficile de s’y retrouver et de comprendre les enjeux subtils entourant ces produits. Ces plastiques sont-ils plus écologiques que les plastiques standards ?  Comment doit-on les trier ? Cet article tente de faire la lumière sur ces matériaux.

D’abord, le terme bioplastique est très large et s’intéresse autant aux matières premières composant le matériau qu’à son traitement en fin de vie. Il regroupe les plastiques biosourcés et ceux qui sont biodégradables.

Les matériaux biosourcés sont ceux qui proviennent de ressources renouvelables. Cette appellation fait donc référence à la provenance de la matière, et non à la façon de s’en départir en fin de vie. Les plastiques biosourcés peuvent ainsi être recyclables, biodégradables,  compostables ou n’avoir aucune de ces propriétés. Ils ont comme origine des produits agricoles ou forestiers, contrairement aux plastiques traditionnels d’origine pétrochimique. La Fondation David Suzuki soulève cependant des questions éthiques liées à l’utilisation de matière première comestible pour la production d’emballages. En effet, les conséquences néfastes des plastiques biosourcés peuvent être les mêmes que celles des biocarburants, soit la flambée du coût des aliments, la dégradation des sols causés par la monoculture ainsi que la déforestation pour permettre l’expansion des zones agricoles.

Le terme biodégradable s’intéresse à la fin de vie du matériau, peu importe la provenance des matières premières le composant. Selon l’Office québécois de la langue française (OQLF), un matériau biodégradable est celui « qui se décompose en éléments divers sous l’action d’organismes vivants ». Il est important de comprendre qu’aucune notion de temps n’est associée à cette définition. C’est pourquoi Compost Montréal nous met en garde contre ce terme qui semble écologique, mais apporte, en réalité, peu d’informations relativement à comment et en combien de temps s’effectue la décomposition.

Au moment de s’en départir, on ne doit pas placer les plastiques biodégradables au bac de compost, puisqu’ils prennent trop de temps à se décomposer. mais ils ne sont pas recyclables non plus. Malheureusement, comme ils ne sont pas recyclables non plus, ces plastiques vont à la poubelle.

Le terme compostable est quant à lui plus restrictif et il existe des normes qui régissent cette appellation. Pour être qualifié de compostable, un matériau doit atteindre un stade de décomposition de 60 à 90 % avec des morceaux de  2 mm maximum dans un délai de 180 jours. Il est à noter que les matériaux compostables sont tous biodégradables, tandis que les matériaux biodégradables ne sont pas nécessairement compostables.

L’un des plastiques compostables que l’on retrouve le plus fréquemment est l’acide polylactique (PLA), fait à base d’amidon de maïs. Il en existe aussi d’autres sortes, faits d’amidon de pomme de terre ou de bagasse, un résidu de la culture de la canne à sucre. Ce sont donc aussi des plastiques biosourcés.

Les plastiques compostables ont évidemment été conçus pour être compostés. Ce qui semble une évidence s’avère pourtant un casse-tête. Pour être traitée comme prévue, cette matière requiert des installations particulières, qui offrent une température et un taux d’humidité propices à sa décomposition. Dans la très grande majorité des centres de compostage du Québec, que ce soit par du compostage extérieur ou dans des centres de biométhanisation, ces conditions ne sont pas réunies. Le plastique compostable y est donc retiré, puisqu’il ne peut atteindre un seuil de dégradation acceptable. Le plastique biodégradable, et souvent aussi celui compostable, n’ont donc pas leur place au compost. Une enquête de RAD nous apprend toutefois que les possibilités de traitement des plastiques compostables varient d’une installation à l’autre. Il arrive que les fines couches de PLA laminé sur un contenant de carton et parfois même des contenants de plastique entièrement de PLA soient acceptés. Par contre, il faut s’éloigner des grands centres urbains pour que ce soit le cas.

La confusion au sujet du traitement des plastiques compostables et biodégradables vient de leur classement dans le type numéro 7, qui regroupe tous les plastiques qui ne sont pas inclus dans les catégories 1 à 6. Ces matériaux sont très variés et ont donc des compositions, propriétés et débouchés variables, malgré le fait qu’ils portent tous le même numéro. Même si Recyc Québec nous dit que le plastique numéro 7 peut aller au bac de récupération, il faut faire attention. C’est vrai pour certains plastiques, mais pas tous ! Assurez-vous que ce que vous mettez dans votre bac ne porte pas la mention compostable ou biodégradable, car dans ce cas, ils ne sont pas recyclables.

Les plastiques biodégradables ou compostables placés dans le bac de récupération et acheminés au centre de tri sont très difficiles à départager des plastiques recyclables. Ils se mêlent donc aux autres plastiques et diminuent la qualité de la matière transformée.

Les études de cycles de vie présentent des conclusions partagées sur le PLA et les plastiques compostables en général, le pointant parfois comme pire que les autres plastiques. Tout dépend de la capacité du système à leur donner le traitement en fin de vie pour lequel ils ont été conçus.

En conclusion, le plastique biosourcé est une belle alternative aux produits pétroliers, s’il ne contribue pas à l’accaparement des terres agricoles. Nous devrions par contre nous méfier des autres bioplastiques. Effectivement, beaucoup de désinformation et d’éco-blanchiment sont liés aux plastiques biodégradables et compostables, qui ne sont au final pas nécessairement plus écologiques que les plastiques traditionnels. Il est dommage de voir plusieurs commerces tenter de faire leur part pour adopter des pratiques écoresponsables et tomber dans le piège des fournisseurs qui leur vendent du rêve. Tout ceci démontre qu’aujourd’hui encore, le processus de traitement des déchets est méconnu et mériterait d’être mieux communiqué, à la fois à la population et aux entreprises.

Bref, aussi souvent que vous le pouvez, évitez les contenants à usage unique ! Ce sera bien plus simple et vous aurez la certitude d’avoir fait le bon choix.

 

Par Eugénie lessard pour l’association québécoise zéro déchet

SOURCES

Compost Montréal. (s.d.). Actualités Compost Montréal. https://www.compostmontreal.com/actualites.html

 

Corniou, M. (2019, 14 novembre). Les bioplastiques, arnaque ou bonne idée?. Québec Science.

https://www.quebecscience.qc.ca/environnement/bioplastiques-arnaque-ou-bonne-idee/

 

Dugal, M. (2021, 3 juin). Ce plastique compostable et biodégradable qui ne l’est pas tant. [entrevue]. Dans Moteur de recherche. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/moteur-de-recherche/segments/entrevue/357886/compost-bac-brun-recyclage-organique

 

Éco Entreprise Québec. (s.d.). Bac-à-Bac. https://bac.eeq.ca/serie

 

Éco-quartier Mercier-Hochelaga-Maisonneuve. (2018, 19 septembre). Les sacs compostables et le processus du compostage. http://ecomhm.com/news/sacs-compostables-et-le-processus-du-compostage/

 

Grain. (2013, 18 mars). Il faut arrêter d’accaparer les terres pour produire des biocarburants. https://grain.org/fr/article/entries/4654-il-faut-arreter-d-accaparer-les-terres-pour-produire-des-biocarburants

 

Hénault-Éthier, L. (2020, janvier). Mémoire présenté par la Fondation David Suzuki à la Ville de Montréal à propos de son plan Montréal, objectif zéro déchet. [Consultation publique sur le Projet de Plan directeur de gestion des matières résiduelles 2020-2025]. http://ville.montreal.qc.ca/pls/portal/docs/PAGE/COMMISSIONS_PERM_V2_FR/MEDIA/DOCUMENTS/MEM_FDS_ZERO_20200122.PDF

 

Lapointe, R. (2012, 6 septembre). Bioplastiques biodégradables, compostables et biosourcés pour les emballages alimentaires, distinctions subtiles mais significatives. [mémoire de maîtrise, Université de Sherbrooke]. https://www.usherbrooke.ca/environnement/fileadmin/sites/environnement/documents/Essais2012/Lapointe_R__06-09-2012_.pdf

 

Malik, K. et Schiebel, N. (2018). Plastique compostable » pas encore inclus dans la collecte des résidus alimentaires. https://preventioncdnndg.org/eco-quartier/fr/plastique-compostable-pas-encore-inclus-dans-la-collecte-des-residus-alimentaires/

 

Office québécois de la langue française. (s.d.). Le grand dictionnaire terminologique. http://gdt.oqlf.gouv.qc.ca/

 

RAD. (2021, 16 juin). Est-ce que la vaisselle compostable est vraiment compostée?. [vidéo]. Radio-Canada. https://ici.radio-canada.ca/info/videos/media-8462331/est-ce-que-vaisselle-compostable-est-vraiment-compostee


Recyc-Québec. (s.d.). Qu’est-ce qui va dans le bac?. https://www.recyc-quebec.gouv.qc.ca/citoyens/mieux-recuperer/quest-ce-qui-va-dans-le-bac

Des repas écolos, même au resto

Plusieurs adeptes du mode de vie zéro déchet ont établi avec le temps une routine efficace en ce qui concerne l’épicerie et l’achat de produits courants. Or, quand vient le temps d’aller chercher un lunch avec ses collègues ou de commander du resto en famille, tout n’est pas si simple. Si on n’y fait pas attention, il est facile de se retrouver avec une avalanche de contenants à usage unique qui donnent un goût amer à ce succulent repas.

 

Faites-vous partie de ces écolos au comportement exemplaire jusqu’à ce qu’ils sortent de chez eux ? Si oui, voici quelques trucs et réflexions qui vous aideront à relever ce petit défi.

 

 

MANGER SUR PLACE

Lorsqu’on a une envie de resto, l’option la plus simple est de manger sur place. Excepté pour la restauration rapide, il est très rare de voir des contenants et ustensiles à usage unique. Pour ce qui est des restants, il est possible de prévoir un plat réutilisable pour les transférer et ainsi éviter le doggy bag. Allez ! Dès qu’il est de nouveau permis d’aller au resto, on en profite et on encourage les restaurants en mangeant sur place.

refuser

Que ce soit sur place, pour une livraison ou pour emporter, le premier des 5R, refuser, est la base. Rien n’est plus frustrant que de recevoir un assortiment d’ustensiles de plastique et de serviettes jetables lorsqu’on est déjà tout équipé en objets réutilisables à la maison ou au bureau. Pour éviter cette situation, vous pouvez mentionner que vous n’avez pas besoin de ces items au moment de la commande. Même si certains vous les fourniront tout de même, on ne perd rien à essayer !

faire remplir ses contenants

Comme pour les produits d’épicerie, il est possible de consommer des repas préparés en les plaçant dans ses propres contenants. Ce ne sont pas tous les restaurants qui sont à l’aise avec cette procédure, et ceux qui l’acceptent se font encore plus rares en raison de la pandémie. En effet, plusieurs ont revu leurs pratiques dans la foulée des nouvelles consignes sanitaires ou suite à des inquiétudes de la clientèle. Or, il faut savoir que le ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation (MAPAC)  n’empêche pas l’utilisation des contenants réutilisables des clients dans les épiceries et restaurants, même en temps de pandémie. Si on refuse votre contenant pour des raisons sanitaires, il s’agit donc d’une politique interne au commerce.

sur le pouce

Plusieurs ont déjà le bon réflexe de traîner une bouteille d’eau et une tasse à café avec eux, alors pourquoi ne pas aller plus loin et aussi se munir d’un plat et d’ustensiles ? Si vous ne voulez pas constamment vous déplacer avec l’attirail de pique-nique au grand complet, une simple fourchette règle déjà une bonne partie du problème et prend très peu de place dans un sac. On peut ensuite ajouter le plat au besoin, les jours où l’on sait qu’on risque de ramasser un repas en chemin.

Une fois au comptoir, il suffit de demander si on peut vous servir dans vos contenants avant de passer votre commande. Si on vous regarde comme si vous étiez un extra-terrestre, expliquez les raisons qui vous motivent et gardez le sourire. C’est la meilleure façon de convaincre ! Si on refuse et que de la vaisselle durable est aussi utilisée, vous pouvez commander pour manger sur place, puis prendre quelques instants à une table ou au comptoir pour transférer le tout dans votre propre contenant. Et voilà : vous avez contourné le refus.

Pour éviter de vous retrouver sans contenants à l’heure du midi, pourquoi ne pas laisser quelques plats au bureau ? Les chanceux et chanceuses qui ont en plus accès à un lave-vaisselle sur place n’ont plus d’excuses pour les avoir oubliés.

 

commande pour emporter

Avant de commander, il est bon de s’informer des pratiques du restaurant. Vous pourriez être surpris : plusieurs acceptent les commandes pour emporter dans les contenants que vous apportez. Si c’est le cas, informez-vous d’abord sur la logistique. Il est possible que la plateforme en ligne ne vous permette pas d’indiquer que vous amenez vos plats. Dans ce cas, une commande par téléphone est de mise. Il se peut aussi qu’on vous demande d’arriver un peu plus tôt pour fournir vos plats. Oui, c’est un peu plus compliqué, mais pensez à tout le plastique qui sera évité ! Voici quelques commerces qui acceptent les contenants pour emporter (malgré la pandémie) :

Le circuit Zéro déchet en propose aussi plusieurs. Osez vous informer, vous en trouverez d’autres ! Même s’il est parfois difficile de sortir de sa zone de confort pour demander un accommodement, l’effort en vaut la peine. Une demande refusée peut aussi être un pas dans la bonne direction. Le simple fait de remettre en question les pratiques établies lance la discussion sur les alternatives écologiques et le mouvement zéro déchet. Parfois, ça ne tombe pas dans l’oreille d’un sourd.

choisir le moins pire

Zut ! Malgré les conseils précédents, vous avez oublié votre plat à la maison ce matin et vous n’avez aucun lunch à vous mettre sous la dent. Pas de panique ! Il est encore possible de limiter les dégâts. D’abord, vous pouvez choisir votre repas en fonction de son emballage. Un sandwich emballé dans une pellicule de papier est mille fois mieux qu’un repas dans une boîte de styromousse. Entre ces deux extrêmes, il est parfois difficile d’y voir clair avec les contenants recyclables, compostables ou biodégradables. Selon Tricentris, les plastiques compostables ou biodégradables (identifiés #7) ne devraient pas aller au bac de recyclage, où ils détériorent la qualité du plastique transformé. Éco Entreprise Québec nous informe qu’au compost, leur sort n’est guère mieux et qu’ils se retrouveront souvent à l’enfouissement. En effet, les installations de compostage ne sont pas prévues pour composter ces plastiques, leur temps de compostage étant beaucoup trop long par rapport aux matières organiques. Bref, la meilleure solution consiste à éviter les emballages à usage unique.

les consignes

Encore peu répandue, la consigne est la voie de l’avenir ! C’est l’option idéale pour les adeptes de cocooning, car elle est compatible avec la livraison. Un autre avantage est qu’elle place la responsabilité de fournir un contenant réutilisable dans les mains des entreprises et non de la clientèle. Ça simplifie la vie et permet même aux néophytes de consommer de façon responsable.

L’initiative la tasse de l’OBNL la vague propose une alternative réutilisable pour les boissons. Dans les cafés participants, on peut commander son breuvage dans une tasse consignée contre un dépôt de 5$, puis la retourner chez n’importe quel partenaire du réseau. Celui-ci s’étend à pratiquement toutes les régions du Québec et compte plus d’une centaine d’entreprises participantes à Montréal.

Source : la-vague

Le super qualité, un restaurant indien de Rosemont, offre son menu dans des tiffins, des boîtes à lunch en acier inoxydable typiquement indiennes. Ces plats consignés peuvent être utilisés pour les commandes pour emporter ou pour les livraisons du service de traiteur. Le client donne un dépôt de 20 $ pour l’emprunt et a deux semaines pour retourner son plat nettoyé. Il sera bien sûr nettoyé de nouveau au restaurant. Pour le service de traiteur, le ramassage est inclus après la livraison.

Source : McGill

Qu’ont en commun les villes de Durham, San Francisco, Portland et le campus de l’université McGill ? Un système de plats consignés à grande échelle ! (Chung, 2018) Et cette merveilleuse solution pourrait bien s’implanter à Montréal sous peu. Un projet pilote, Retournzy, sera lancé cet automne pour offrir à des restaurants un service clé en main de gestion, transport et nettoyage de contenants consignés. Le projet vise d’abord à s’implanter dans un seul quartier de Montréal, mais a pour but de s’étendre ensuite pour conquérir la ville un secteur à la fois. On pourra commander pour emporter ou en livraison, payer une consigne pour le contenant, puis le retourner n’importe où dans le réseau pour être remboursé. Plusieurs détails restent à être peaufinés, mais une tendance se dessine vers un contenant en acier inoxydable et un lancement dans un quartier central de la ville. On souhaite plein de succès à ce magnifique projet dans les mois à venir ! En attendant, vous pouvez les suivre ici : https://retournzy.ca/

En conclusion,

En conclusion, il existe plusieurs options possibles pour qui veut déguster un repas de resto de façon écolo et elles devraient se multiplier à l’avenir avec la popularité du mouvement zéro déchet. Alors, il n’y a pas de raison de se priver. Il suffit de se gâter de façon responsable !

 

Bon appétit !

Par EUGÉNIE LESSARD pour l’association québécoise zéro déchet

Sources

Chung, E. (2018, 18 octobre). 6 ways to do takeout — without the waste. CBC.https://www.cbc.ca/news/science/zero-waste-takeout-1.4867042

Éco Entreprises Québec. (s.d.). Emballages biodégradables et compostables : aussi verts qu’on le pense. https://ecoconception.eeq.ca/fr-ca/rapportemballages

Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation. (s.d.). Emballage des aliments.https://www.mapaq.gouv.qc.ca/fr/Restauration/Qualitedesaliments/securitealiments/inspection/methodeinspection/Pages/Emballage-des-aliments.aspx

Tricentris. (s.d.). Les plastiques biodégradables : dans le bac ou non ?.https://www.tricentris.com/les-plastiques-biodegradables-dans-le-bac-ou-non/

Université McGil. (s.d.). The Ozzi System & Reusable Containers. https://www.mcgill.ca/foodservices/sustainability/ozzi-system-reusable-

containers

Aménager une cour écoresponsable

Aménager une cour de rêve pour profiter de l’été est un art que plusieurs ont perfectionné durant le confinement. Évidemment, il est possible d’améliorer le confort de votre espace extérieur tout en prenant soin de la planète. Cet article survole les principaux enjeux à considérer pour y arriver.

 

Lutte contre les îlots de chaleur

Un îlot de chaleur urbain est une zone où la température est anormalement élevée en raison des conditions ambiantes défavorables que l’on retrouve surtout en ville. Selon Vivre en ville, ils sont principalement causés par l’abondance de surfaces minérales, l’absence de végétation et d’eau ainsi que les activités humaines comme les moteurs de voitures et les climatiseurs.

Heureusement, il existe des solutions d’aménagement qui permettent de limiter ce phénomène et transformer votre cour en oasis de fraîcheur. La meilleure solution à cet enjeu est le verdissement. En effet, les arbres contribuent à limiter les îlots de chaleur en créant de l’ombre et en rafraîchissant l’air par évapotranspiration, en plus de rendre l’espace beaucoup plus agréable. Ensuite, il faut éviter les matériaux minéraux comme le béton, l’asphalte et les roches, puisqu’ils absorbent beaucoup de chaleur. On peut les remplacer par des couvre-sol végétaux ou des surfaces de bois par exemple. Finalement, on crée de l’ombre. Arbres, pergolas, auvents, parasols, choisissez la solution qui vous convient !  

GESTION DE L’EAU

Les surfaces imperméables, comme l’asphalte et le béton, engendrent un ruissellement des eaux pluviales vers les égouts. Selon Écohabitation, ce phénomène a plusieurs conséquences néfastes, comme la possibilité de surcharge du système de traitement de l’eau et le lessivage des polluants vers les cours d’eau. Il est bien plus profitable de laisser l’eau de pluie percoler dans le sol, où elle est naturellement filtrée par les micro-organismes et les racines des plantes, en plus d’alimenter la nappe phréatique. Pour bien faire, choisissez des revêtements de sol perméables qui laisseront l’eau s’infiltrer. L’idéal est d’avoir de la végétation. Si vous devez absolument avoir un espace de stationnement, les pavés alvéolés offrent une bonne alternative à l’asphalte ou la poussière de roche.

 

Source: LaPresse

Si vous avez la chance d’avoir un terrain qui le permet, vous pourriez aménager un jardin de pluie. Le principe est simple. Le toit de votre maison est une grande surface qui reçoit de l’eau de pluie. Au lieu d’envoyer le rejet des gouttières vers la rue et éventuellement les égouts, vous pouvez recueillir cette eau dans un jardin prévu à cet effet. En forme de cuvette, il agira comme une éponge en absorbant l’eau, puis en la laissant s’infiltrer et s’évaporer par la suite. L’eau des toits, d’une terrasse ou de n’importe quelle autre surface imperméable recevant de la pluie peut être utilisée. Si vous voulez en apprendre plus, l’université du Nebraska a produit un guide à ce sujet (traduit et adapté pour le Québec par l’Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche).

Source: Guide bâtiment durable
Source: Guide bâtiment durable

Si vous avez moins de temps à investir, il est aussi possible de récupérer l’eau de pluie dans un bidon au pied d’une gouttière. C’est parfait pour vos plantes ! Pour limiter l’arrosage, il est aussi bon de favoriser les espèces indigènes, c’est-à-dire celles qui poussent de façon naturelle au Québec. Elles sont mieux adaptées à notre climat, ce qui implique moins d’entretien et d’arrosage. Recouvrir la terre de paillis, de feuilles mortes ou de trèfle évitera aussi son assèchement trop rapide. Ainsi, on économise à la fois les efforts et l’eau !

Favoriser la biodiversité

Puisque le gazon est un végétal, plusieurs l’associent à tort à la nature. Or, les grands espaces gazonnés sont plus une nuisance qu’un atout pour la biodiversité. La pelouse verte sans aucune mauvaise herbe, trophée du banlieusard, est en fait une monoculture, soit l’exact opposé d’un écosystème varié. De plus, pour rester beau, le gazon nécessite une tonte périodique, un arrosage régulier et parfois même des pesticides pour éliminer les pousses indésirables. Tout ceci est peu écologique et demande de votre temps. Vous avez mieux à faire !

 

L’alternative écolo est l’adoption d’un couvre-sol de plantes indigènes variées, qui donneront une allure plus sauvage à votre terrain. Le Jardin botanique de Montréal suggère de planter un mélange de trèfles et de graminées, des plantes complémentaires au niveau du temps de floraison. Il existe aussi l’option de laisser une partie de votre cour à l’état complètement sauvage et découvrir ce qui va y pousser naturellement. Bref, cessez de lutter contre la nature et laissez fleurir vos pelouses. Vive les terrains libres !

Un autre avantage des parterres fleuris est qu’ils permettent de nourrir les pollinisateurs, qui jouent un rôle essentiel dans le maintien des écosystèmes et la culture des aliments que nous mangeons. Comme leurs populations sont en déclin, pourquoi ne pas leur donner un petit coup de pouce ? La solution est assez simple : des fleurs, des fleurs et encore des fleurs, pour qu’ils puissent butiner. Voici quelques conseils :

  • on choisit des plantes indigènes;
  • on s’assure d’avoir différentes espèces pour maintenir une floraison toute la saison (de mai à octobre);
  • on évite les pesticides;
  • on favorise les fleurs simples (celles à une rangée de pétales avec les pistils dégagés, facilement accessibles pour les pollinisateurs).

Une autre solution est l’installation d’un hôtel à insectes dans votre cour. Cette petite cabane de bois peut contenir des branches de différentes tailles, du papier recyclé, des cocottes, des briques, de la paille et d’autres matériaux qui fourniront des refuges aux insectes. Ils s’en serviront comme lieu de ponte ou y éliront domicile pour passer l’hiver. Pour être optimal, placez-le dans un endroit ensoleillé, à l’abri du vent et à proximité de vos fleurs.

Source: site de C. Bernier
Source: Site de C. Bernier

Si vous avez assez d’espace, la plantation d’une variété de types et de hauteurs de plantes procurera différents abris pour les oiseaux et autres petits animaux. De plus, vous pouvez laisser les plantes et les feuilles mortes sur place à l’automne pour diversifier les habitats et les abris pour les insectes.

agriculture urbaine

Le jardinage a gagné en popularité et l’engouement pour les semences ne se tarit pas. Même si vous n’avez pas accès à un lopin de terre, il est possible de jardiner en bac, sur son balcon et pourquoi pas sur une toiture pour les plus audacieux.ses. Tous les légumes ne nécessitent pas autant de profondeur, de soleil et d’eau que les tomates. Certains, comme les laitues et les haricots, vont se contenter d’un petit pot, sans trop de soleil. Les livres et le blogue du Jardinier paresseux sont de bonnes ressources pour qui veut se lancer dans un jardin.

Source: wwf
Source: WWF

Vous pouvez partir vos plants à partir de graines achetées ou récupérées de légumes bio. Lufa propose aussi des semis de légumes dans des contenants biodégradables que l’on plante directement. Si vous achetez des plants en pots de plastique, pensez au moins à les conserver pour démarrer le jardin de l’an prochain avec les graines récoltées cette année. Si vous avez la chance d’avoir une parcelle de terrain assez grande, garder vos résidus alimentaires et composter sur place au lieu d’envoyer votre précieuse matière dans la collecte municipale. Il faut toutefois faire attention, on ne peut pas mettre dans le compost résidentiel tout ce qu’on met dans celui de la ville. Les restes de viandes doivent entre autres être évités.

En conclusion, ne lésinez pas sur la verdure ! Que ce soit un immense domaine autour de votre villa, une ruelle verte, un carré d’arbre, ou tout simplement un balcon, vous avez probablement accès à un espace extérieur que vous pouvez aménager et verdir. Vous avez ainsi la chance de contribuer positivement à des enjeux environnementaux tout en embellissant votre environnement.

 

 

Pour vous inspirer davantage et voir en application certaines de ces idées par ici : Un potager urbain avec presque rien

Par Eugénie Lessard pour l’association québécoise zéro déchet
Sources

Bernier-Genest, C. (2020, 31 juillet). Hôtels à insectes : pourquoi et comment. C’est toi ma  ville : Mon regard sur Montréal. https://cbernier.wordpress.com/2020/07/31/hotels-a-insectes-pourquoi-et-comment/

Écohabitation. (2015, 25 septembre). Éviter les zones imperméables. https://www.ecohabitation.com/guides/2497/eviter-les-zones-impermeables/

Espace pour la vie. (s.d.) Attirer les pollinisateurs au potager. https://espacepourlavie.ca/attirer-les-pollinisateurs-au-potager

Espace pour la vie. (s.d.) Plantes nectarifères. https://m.espacepourlavie.ca/plantes-nectariferes

Franti, T. G. et Rodie, S. N. (2013). La conception des jardins de pluie. Université du Nebraska. https://drive.google.com/file/d/1bIpHXNnIEQ_ONRza1tn-2r_AmUYjpapD/view

Gobeille, L. (2018, 26 mai). Aménager un espace pour les pollinisateurs. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/vivre/jardinage/528620/billet-amenager-un-espace-pour-les-pollinisateurs

Melchior, A. (2018, 16 avril). 8 idées toutes simples pour favoriser la biodiversité au jardin. Écoconso. https://www.ecoconso.be/fr/content/8-idees-toutes-simples-pour-favoriser-la-biodiversite-au-jardin

Parent, J.-P. (2012, 21 avril). Semer des mauvaises herbes dans votre pelouse!. Espace pour la vie. https://m.espacepourlavie.ca/blogue/semer-des-mauvaises-herbes-dans-votre-pelouse

Vivre en ville. (2013, 24 octobre). Îlot de chaleur urbain. http://collectivitesviables.org/articles/ilots-de-chaleur-urbains.aspx