COVID-19 VS LE ZÉRO DÉCHET : Life without plastic

Plastique

La pandémie est venue modifier les pratiques des entreprises zéro déchet, qui ont dû s’adapter rapidement et relever de nombreux défis en peu de temps. Plusieurs d’entre elles ont accepté de nous partager leur expérience et la manière dont elles envisagent la suite.

3 questions à...

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Quel a été l'impact de la pandémie sur vos pratiques zéro déchet ?

Cela a été très difficile, nous avons subi une réduction des ventes de 15-20%. Nous avons perdu beaucoup de nos clients qui font de la vente au détail car leurs magasins étaient fermés donc moins de ventes pour nous.

Heureusement, on a anticipé la demande pour les masques sans plastique donc notre clientèle est revenue vers nous avec ça.

Restez-vous persuadé de la pertinence du zéro déchet ?

Je reste convaincue, mon engagement n’est pas remis en question !

Malheureusement, cette crise va sans doute empirer le problème du plastique, car on croit, à tort, que le plastique est plus sécuritaire. Si on continue, on va se retrouver avec un problème encore plus gros donc il ne faut surtout pas baisser les bras, au contraire.

Cette crise nous donne l’opportunité de réfléchir et de changer nos manières de faire : laver plutôt que jeter, revenir au local, devenir plus résilient. On pourrait développer une capacité de production locale au Québec avec des matériaux moins polluants (lavables ou compostables). 

Il faudra supporter l’environnement en relançant l’économie, demander des pratiques plus vertes aux entreprises.

Que diriez-vous au consommateur pour le rassurer sur les vertus du zéro déchet ?

Le virus reste actif plus longtemps sur les surfaces en plastique. Les recherches sont encore en cours mais en comparaison avec du matériel naturel (bois, carton, etc), le virus reste plus longtemps. 

Nous avons toujours encouragé les familles et garderies à utiliser de la vaisselle en inox qui se désinfecte facilement sans se dégrader. Le plastique ne peut pas être autant désinfecté sans se dégrader, et lorsqu’il se dégrade, il transmet des additifs chimiques.

Parfois les gens sont rassurés par le jetable car ils ne considèrent pas que nettoyer est suffisamment sécuritaire. Là, c’est un travail d’éducation à faire.

Propos recueillis auprès de Chantal Plamondon , Cofondatrice de Life Without Plastic

COVID-19 VS LE ZÉRO DÉCHET : Épicerie Loco

Article entrevue avec Loco

La pandémie est venue modifier les pratiques des entreprises zéro déchet, qui ont dû s’adapter rapidement et relever de nombreux défis en peu de temps. Plusieurs d’entre elles ont accepté de nous partager leur expérience et la manière dont elles envisagent la suite.

3 questions à...

Épicerie Loco

Quel a été l'impact de la pandémie sur vos pratiques zéro déchet ?

En tant que service essentiel, la boutique devait rester ouverte pendant le confinement, mais avec des protocoles d’hygiène renforcés. Nous nous sommes adaptés de manière progressive selon les instructions du gouvernement. Les contenants réutilisables n’ont jamais été interdits à aucun moment mais le client est le seul à y toucher du début à la fin. Le commis ne les manipule pas. On a aussi continué de reprendre les consignes mais pas de manipulation par l’employé : le client les dépose dans un bac lui-même.

Au début du confinement, la clientèle a diminué donc nous avons développé le service de livraison pour trouver une solution, même si, bien sûr, on préfère le contact direct! Une équipe entière s’est consacrée aux commandes à notre entrepôt donc ça prenait une réorganisation totale. Il y a eu beaucoup d’aléas et quelques erreurs au début avec les commandes en ligne mais les clients étaient super compréhensifs! On prend constamment le pouls de ce que veut le client donc on continuera la livraison tant qu’il y aura de la demande.

On a aussi développé les ateliers en ligne pour répondre au besoin de s’occuper à la maison. On recommencera la version physique dès qu’on pourra. Mais par exemple en hiver quand il fait froid, on continuera peut-être aussi la version en ligne.

Restez-vous persuadé de la pertinence du zéro déchet ?

Bien sûr! D’ailleurs, les clients nous disent qu’ils ont hâte de revenir à leurs pratiques zéro déchet. Je ne pense pas que les gens ont mis une croix dessus. C’est sûr que certaines choses vont changer mais on s’adaptera, sans remettre en cause notre démarche écoresponsable.

On a d’ailleurs vu passer beaucoup d’articles sur l’environnement. On dirait que les gens ont pris le temps de s’informer. On a remarqué que cette pause a aussi fait du bien à la planète, etc.

Si tout le monde embarquait, la société post COVID serait plus résiliente.

Que diriez-vous au consommateur pour le rassurer sur les vertus du zéro déchet ?

On a établi un dialogue pour recueillir les suggestions des clients et leur retour d’expérience sur les mesures mises en place. Ça nous permet de nous améliorer constamment. Nous avons toujours le souci de connaître notre clientèle et ses attentes. On voulait mener la réflexion avec eux. C’est pour ça aussi qu’on a créé une infolettre spéciale COVID et qu’on communique sur les mesures prises dans nos magasins.

Êtes-vous inquiets pour la suite de vos activités ?

Non, au contraire, on ouvre même une nouvelle succursale sur le Plateau !

Propos recueillis auprès de Ariane Archambault, Coordonnatrice en communication chez Épicerie Loco

Le polyester recyclé est-il écologique?

Chandails sur une table

L’industrie textile est la deuxième industrie la plus polluante au monde et la plus émettrice de gaz à effet de serre. Face à ce constat, de nombreuses initiatives fleurissent pour fabriquer des vêtements à partir de fibres écoresponsables. Certaines marques utilisent du polyester recyclé fait de bouteilles en plastique. Mais que penser de cette matière ? Est-elle vraiment écologique ? Comment se positionne-t-elle par rapport à des fibres naturelles ?

Du plastique au vêtement: un procédé toxique ? 

Avant qu’un vêtement à base de polyester recyclé n’arrive en magasin, il doit passer par de nombreuses étapes. Ce processus de fabrication est-il toxique pour l’environnement et la santé ? 

Premier constat : le processus de transformation d’une bouteille en plastique en fil de polyester présente plusieurs avantages. Il évite une mise en décharge et une incinération de plastique usagé, fortement émettrices de CO2. Ensuite, la production du polyester recyclé est deux fois moins gourmande en énergie par rapport au polyester vierge et réduit d’un tiers les émissions de CO2.

Concernant la transformation de la fibre en vêtement, les paramètres diffèrent selon les entreprises. Celles qui sont engagées dans une démarche écologique pourront certifier la non-toxicité de leur tissu grâce à des labels, tels que Oeko-Tex.

Cycle de consommation
Crédits photo: Awahi

La coloration de la fibre représente un autre enjeu environnemental. Le recyclage mécanique du polyester rend parfois difficile l’obtention d’une couleur uniforme. Cela peut signifier plusieurs étapes de teinture, souvent gourmandes en eau, en énergie et en produits chimiques. Là encore, tout dépend de la sensibilité écologique de l’entreprise. Des teintures naturelles ou biologiques peuvent aussi être utilisées pour colorer le tissu. 

La production du polyester nécessite aussi de l’antimoine, un catalyseur connu pour être cancérigène. Les agences de santé considèrent cependant que les quantités utilisées sont trop faibles pour être toxiques. 

Une fois son stade final atteint, le vêtement a encore des impacts sur l’environnement. Plusieurs études démontrent que le lavage des vêtements synthétiques participe à l’augmentation des micro-fibres dans les océans. Un simple cycle de lavage pourrait rejeter plus de 700 000 fibres de plastique. Cette situation est particulièrement problématique car elle a un impact environnemental, sanitaire et économique. Toutes les matières seraient concernées, pas uniquement celles qui sont synthétiques. Pour y remédier, la solution pourrait être de se doter de filtres spécifiques qui réduisent le rejet de ces micro-fibres.

Le polyester recyclé vs les fibres naturelles

Contrairement aux idées reçues, les fibres naturelles ne sont pas forcément plus écologiques que les fibres synthétiques. La fibre de coton est l’une des matières les plus polluantes au monde à cause des nombreux pesticides et des grandes quantités d’eau utilisées pour la cultiver. Son impact environnemental dépasse de loin celui du polyester recyclé. 

Les fibres naturelles les plus écologiques sont le lin et le chanvre. Le chanvre car il nécessite peu d’eau et peu de pesticides pour être cultivé tant sa croissance est rapide. Le lin a les mêmes caractéristiques que le chanvre, à la différence que sa culture est plus complexe.

Le coton biologique est également une fibre écologique. Seulement, Marek Weltroski, ingénieur chimiste et professeur au Cégep de Saint-Hyacinthe, estime que sa culture s’adresse à un marché de niche. « On ne peut pas produire les quantités de coton dont le monde a besoin selon la méthode biologique. » précise-t-il.

Les fibres naturelles présentent l’avantage d’être biodégradables et peuvent sans cesse se régénérer. C’est rarement le cas du polyester recyclé car sa composition est souvent mélangée à d’autres fibres, entre autres pour donner de l’élasticité au tissu. « La pire chose pour la régénération, c’est le mélange des fibres. » indique le professeur Weltroski.

Deux personnes devant l'Orange Julep à Montréal
Ethically Warm, membre de l’AQZD, a conçu un vêtement dont 80% des matériaux sont biodégradables.

Toutes les fibres artificielles ne sont pas nécessairement mauvaises. Le professeur Weltroski trouve l’alternative des fibres à base de cellulose (telles que le Lyocell ou le Tencel) intéressante car elles peuvent sans cesse se régénérer. Le Tencel, par exemple, est issu de la pâte de bois provenant de plantations d’arbres d’eucalyptus certifiées durables. Cette fibre fonctionne en circuit fermé et elle est entièrement biodégradable.

Recycler le plastique en textile est donc intéressant d’un point de vue environnemental. Seulement, certaines fibres naturelles ou artificielles s’en sortent mieux que d’autres. Lorsque vous choisirez votre prochain vêtement, vous êtes désormais armé(e) pour choisir les textiles les plus écologiques. Enfin, réduire son empreinte écologique dans la mode ne se limite pas uniquement au choix des matières. Ne pas céder à la tentation de la mode jetable en limitant ses achats, c’est déjà un premier pas. De nombreuses solutions existent également pour échanger, acheter ou louer des vêtements d’occasion et ainsi leur offrir une deuxième vie!


Charlotte Doumayrou, pour l’Association québécoise Zéro Déchet.

« Open-loop recycling : A LCA case study of PET bottle-to-fibre recycling », article de Li Shen, Ernst Worrell, Martin K. Patel, paru dans la revue Resources, Conservation and Recycling, Vol. 55, numéro 1, 2010.

https://www.ledevoir.com/societe/environnement/296948/les-textiles-synthetiques-un-mal-necessaire-dans-le-choix-d-un-vetement

https://www.ellenmacarthurfoundation.org/assets/downloads/publications/NPEC-Hybrid_French_22-11-17_Digital.pdf

https://www.ccme.ca/files/Resources/fr_waste/fr_plastics/STRAT%C3%89GIE%20VISANT%20L%E2%80%99ATTEINTE%20DE%20Z%C3%89RO%20D%C3%89CHET%20DE%20PLASTIQUE.pdf

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1173764/plastique-industries-canadiennes-dechets-analyse-changements-radicaux

https://www.commonobjective.co/article/is-recycled-polyester-green-or-greenwashing

https://fashionunited.uk/news/fashion/how-sustainable-is-recycled-polyester/2018111540000

https://ec.europa.eu/environment/eco-innovation/projects/sites/eco-innovation-projects/files/projects/documents/rpet-foam_layman_report_august_2013.pdf 

 

https://www.alpla.com/en/pressrelease/2017/08/study-confirms-excellent-carbon-footprint-recycled-pet 

 

https://www.swedishlinens.com/blogs/news/organic-vs-conventional-cotton 

 

https://textileexchange.org/wp-content/uploads/2017/06/Textile-Exchange_Quick-Guide-To-Organic-Cotton_2017.pdf 

Recycled Textile Fibres and Textile Recycling, Federal Office for the Environment (FOEN), Suisse, 2017.

« Fibres écoresponsables », article de Marek Weltrowski, ing., Ph. D, et Sonia Paradis, paru dans le livre Porter le changement: Pour le développement d’une industrie de mode locale et durable, La Fabrique éthique, 2014.

https://ici.radio-canada.ca/premiere/emissions/tout-un-matin/segments/chronique/139374/mode-pollution-environnement-textile  

COVID-19 VS LE ZÉRO DÉCHET: PHARMACIE SÉBASTIEN LACROIX

Bandeau d'accueil: pharmacie sébastien lacroix

La pandémie est venue modifier les pratiques des entreprises zéro déchet, qui ont dû s’adapter rapidement et relever de nombreux défis en peu de temps. Plusieurs d’entre elles ont accepté de nous partager leur expérience et la manière dont elles envisagent la suite.

3 questions à...

Pharmacie Sébastien Lacroix

Quel a été l’impact de la pandémie sur vos pratiques zéro déchet?

Le vrac n’est pas obligatoire chez nous, il n’y avait plus aucune logique à le faire, surtout au coeur de la crise. Il a fallu prendre en compte d’abord la sécurité et le bien-être des employés, qui étaient inquiets.

Restez-vous persuadé de la pertinence du zéro déchet?

On est revenus au vrac progressivement pour 2 raisons:

    • les chiffres sur la durée de vie sur les surfaces ont montré qu’il n’y a pas de danger sur les surfaces inanimées.
    • les données sur la diminution de la pandémie ont montré que c’était à nouveau envisageable.

La pharmacie avait déjà l’habitude que le client ne touche pas les bidons de vrac, il est servi par le commis. C’est toujours le cas et désormais, on ajoute l’étape de désinfection à l’alcool à friction en plus sur les contenants.

Que diriez-vous au consommateur pour le rassurer sur les vertus du zéro déchet?

Les probabilités d’attraper le virus en allant au magasin sont extrêmement faibles, c’est pas comme ça que ça fonctionne. Étant pharmacien, nous étions déjà conscients que l’hygiène doit être impeccable avec le vrac, et maintenant encore plus qu’avant. On va continuer à s’assurer que ça reste sécuritaire.

Mais le vrac n’est pas la seule solution, il est important de s’engager autrement aussi. Ne pas oublier que les 2 crises (sanitaire et environnementale) sont liées et qu’il y a des parallèles à faire.

Cette crise doit nous apprendre qu’il faut des mesures de prévention pour faire face aux crises sanitaires. De la même manière, il faut se préparer à la crise écologique et changer nos modes de consommation dès maintenant.

Propos recueillis auprès de Sébastien Lacroix, Pharmacien

COVID-19 VS LE ZÉRO DÉCHET: RENAISSANCE

3 questions à Renaissance

La pandémie est venue modifier les pratiques des entreprises zéro déchet, qui ont dû s’adapter rapidement et relever de nombreux défis en peu de temps. Plusieurs d’entre elles ont accepté de nous partager leur expérience et la manière dont elles envisagent la suite.

3 questions à...

2

Quel a été l’impact de la pandémie sur vos pratiques zéro déchet?

Après le déconfinement, nous avons adopté de nouvelles règles et méthodes. Le plan de déconfinement s’est construit en s’inspirant des autres pays déjà déconfinés (Corée du Sud, etc.) pour prendre exemple sur leurs expériences (utilisation de gel hydro-alcoolique, affiches, plexi…). On a mis en place les installations trois semaines avant la réouverture.

Nos commerces ont rouvert la journée même de l’annonce du gouvernement.

Dans les centres de dons, plusieurs dispositifs supplémentaires ont été implantés: mise en place d’un service d’aide à l’automobile, les dons sont mis dans un bac avec l’aide d’un employé mais sans contact, puis ils sont placés en quarantaine pendant 48 heures avant d’arriver sur le plancher, comme dans les commerces de vêtements neufs. Le risque nul n’existe pas mais on limite ainsi les risques au maximum.

Renaissance n’a reçu aucune aide pour mettre en place toutes les nouvelles mesures d’hygiène. Nous avons touché uniquement la subvention salariale. Mais les gens se sont mobilisés pour aider à trouver des solutions. Le plus difficile sera le maintien des règles sur le long-terme mais les clients sont bien là. C’est encourageant. La reprise s’est bien passée en tout cas.

Restez-vous persuadé de la pertinence du zéro déchet?

En période de crise économique, plus de gens sont ouverts à la consommation de biens usagés. Donc oui, je crois toujours et encore plus à la pertinence du zéro déchet.

En réalité, Renaissance a trois missions ou trois grands pôles d’activités :

– Une mission sociale: nous aidons les gens éloignés du marché du travail à développer de nouvelles compétences et croyons que le contexte actuel créera une plus grande demande pour nos services d’intégration à l’emploi.

– Une mission environnementale: d’une part, si la consommation se maintient, les gens vont continuer à donner leurs choses à Renaissance. D’autre part, l’engouement pour le local rejoint notre mission environnementale parce que le réemploi de biens encore utilisables, c’est consommer localement. L’ensemble de notre mission est profondément locale (insertion sociale, récupération, seconde main). Les gens changent leurs habitudes de consommation et il y a une opportunité majeure dans le réemploi.

– Une mission vente ou économique: les clients sont revenus assez rapidement et il y en a de nouveaux aussi mais difficile à dire si ça se maintiendra. Probablement qu’avec la crise, il y aura une demande pour les biens d’occasion. Les personnes auront toujours besoin de se vêtir en friperie. Peut-être que certains découvriront qu’il est possible d’acheter moins cher en friperie.

Que diriez-vous au consommateur pour le rassurer sur les vertus du zéro déchet?

L’idée est d’acheter consciemment; de penser à l’impact de nos achats sur l’environnement et sur l’économie. Acheter usagé, c’est une consommation responsable sur ces deux fronts. On donne une deuxième vie à des biens encore utilisables, on les détourne des sites d’enfouissement, on réduit la pollution liée à la production et on supporte les organismes locaux à créer de l’emploi.

Entre le neuf et le seconde main, il n’y a pas de différence vis-à-vis de la COVID-19. Le neuf n’est pas plus sécuritaire. La vraie question c’est quelle consommation veut-on privilégier? Il y a une opportunité majeure de revenir fortement au local mais je ne suis pas prophète!

Il ne faut pas sous-estimer les gens, beaucoup font preuve de bon sens et poursuivent leur démarche en y intégrant les règles d’hygiène renforcées.

Propos recueillis auprès d’Eric Saint-Arnaud, Directeur général de Renaissance

L’éco-minimalisme: plus qu’une tendance esthétique

Friperie

Quelle est la première image qui vous vient en tête quand vous pensez au minimalisme? Pour beaucoup de gens, ce sera un micro-logement épuré, avec quelques plantes et peu d’encombrement, un garde-manger avec de jolis bocaux en verre, un style moderne-chic au naturel… Du moins, c’est ce que Google nous montre! Mais en fait, il y a plusieurs façons d’interpréter le minimalisme; tout en conservant le concept du moins, c’est plus.

Malheureusement, certains stéréotypes nommés plus hauts contribuent à une vision plutôt restreinte de la philosophie minimaliste qu’encourage le zéro déchet: inaccessible, valorisation de l’esthétisme avant tout, réservé à une classe sociale aisée, mise aux ordures de biens en bon état…En réponse, certaines personnes préfèrent maintenant se décrire comme « éco-minimalistes ».

Stéréotype vs réalité
À gauche, une photo Unsplash et à droite, une photo prise dans le garde manger de notre rédactrice

Qu’est-ce que l’éco-minimalisme et quelles sont les différences avec le minimalisme typique ?

Être éco-minimaliste, ça veut simplement dire qu’on pratique le minimalisme pour des raisons écologiques. Quand on achète un produit, on contribue à créer de la demande, et donc la production est ajustée pour répondre à cette demande, et vice-versa. En d’autres mots, en pratiquant le minimalisme, et donc en réduisant notre consommation, on réduit notre empreinte environnementale par la minimisation des ressources qu’on extrait de la planète. 

Au lieu de chercher strictement à désencombrer son espace, un éco-minimaliste cherche plutôt à valoriser ce qu’il ou elle possède déjà.

 

 La philosophie derrière le mouvement

Être éco-minimaliste, c’est réduire sa consommation, mais c’est aussi utiliser ce qu’on possède jusqu’à sa fin de vie, déterminer ce qui apporte de la valeur dans nos vies et disposer de ce dont on ne se sert pas de manière responsable.

 

QU'est-ce que j'ai chez moi?

Soyons réalistes : personne n’est né minimaliste ou zéro déchet ! On possède tous des choses plus ou moins utiles. Avec la montée en popularité du mouvement zéro déchet, de plus en plus d’entreprises proposent des produits fabriqués de façon écoresponsable et dont l’apparence simple et intemporelle s’agence bien avec l’esthétique minimaliste. Ça peut être tentant d’acheter!

Par contre, en tant qu’éco-minimaliste, on refuse de suivre les tendances, pour plutôt privilégier ce qui existe déjà. Par exemple, au lieu d’acheter de jolis pots Mason pour faire des courses en vrac, on peut réutiliser nombre de contenants qui auraient autrement fini dans le bac de recyclage ou d’ordures : pot de sauce à spaghetti, contenant à margarine, bouteille de vinaigre… Même le plastique peut être réutilisé!

D’un autre côté, il ne faut pas nécessairement chercher à désencombrer au maximum ; ce qu’on possède peut parfois réellement servir plus tard. Si l’idée d’une micro garde-robe ne vous attire pas, il n’y a aucune obligation à ne conserver qu’une ou deux paires de chaussures comme le font certains minimalistes. On finit toujours par les user au bout de quelques années, donc d’un point de vue écologique, il peut être plus approprié de garder celles qu’on possède déjà, que de s’en débarrasser pour en acheter de nouvelles plus tard.

Qu'est-ce qui apporte de la valeur dans ma vie?

Cette réflexion peut être un bon tremplin vers le minimalisme car elle permet d’éviter les achats impulsifs. Sous l’optique de l’éco-minimalisme, il n’y a pas de culpabilité à avoir à conserver ce qui nous apporte du bonheur, que ce soit un élément de décor qui nous plaît fait en plastique ou un t-shirt d’une marque « fast fashion ».

L’idée, c’est plutôt d’éviter autant que possible d’amener de nouvelles choses non valorisées (pour leur utilité ou le plaisir) dans nos maisons, même si elles sont « écoresponsables ». Un truc peut être de se donner une période fixe d’attente avant de faire un achat; si on l’a toujours en tête après ce temps, alors, c’est qu’on va probablement s’en servir. Bien entendu, on fait tous des erreurs en cours de chemin: le marketing joue contre nous. Comme Anne-Marie Bonneau de Zero-Waste Chef l’a si bien dit :« Nous n’avons pas besoin d’un petit groupe de personnes qui pratiquent le zéro déchet parfaitement. Nous avons besoin de millions de gens qui y aspirent de manière imparfaite.»2
Comment disposer de ce dont je ne veux plus ?

Après un certain moment, on finit tous par avoir besoin de faire un bon ménage. Même si une paire de jeans nous va toujours et se trouve en bon état, peut-être qu’on ne l’aime plus et qu’on ne la porte plus. C’est normal et c’est correct! Il existe toutes sortes de façons de lui donner une seconde vie. Le but, c’est de passer au suivant ce qui n’a plus sa place chez nous (ou, au moins, d’essayer).

Le plus facile, c’est de faire des dons à des friperies ou autres organismes. Cependant, à cause de la montée de la surconsommation d’année en année, la population donne aussi de plus en plus, et ces organismes se retrouvent parfois surchargés de dons qu’ils ne peuvent pas physiquement trier et stocker. Une partie finit malencontreusement au dépotoir. Attention aux entreprises qui disent reprendre les vêtements usagés pour les recycler! Il est présentement illégal au Québec d’utiliser des fibres usagées dans des produits qui se rapprochent du corps humain (Loi sur les matériaux de rembourrage et les articles rembourrés), donc quasi-impossible de trouver des acheteurs pour la fibre recyclée.3 Pour ces raisons, il vaut mieux privilégier les dons aux petits organismes locaux et de réinsertion sociale, s’ils sont accessibles, et surtout éviter de laisser des dons à l’extérieur de bacs déjà pleins.

Avant même de donner à un organisme, il est bien d’essayer de trouver preneur soi-même. De cette façon, on s’assure que la personne qui récupère le bien l’utilisera. Que ce soit par des sites comme Kijiji ou Facebook, lors d’événements d’échange publics ou entre amis, ou par une vente de garage, plusieurs options existent.

Utopia By Cho
Canne d'aluminium comme pot de fleurs

Faire la transition

Contrairement au minimalisme strict sur-représenté dans les médias, faire une transition vers ce mode de vie n’est pas nécessairement difficile : c’est un cheminement graduel. Si vous sentez le besoin d’un bon ménage de désencombrement, allez-y ! Mais dans une perspective éco-minimaliste, ce n’est pas un prérequis. Il ne faut pas chercher à repartir à neuf mais plutôt à réemployer ce qu’on possède déjà et réduire notre consommation. La transition est donc une période de réflexion et d’ajustement, le développement de nouveaux réflexes, et non pas un changement de décor complet. 

En suivant cette méthode, on ne devient peut-être pas très « instagrammable ». Après, il n’y a rien de mal à vouloir un beau logement esthétique non plus. Il y a toujours moyen de chercher seconde-main sur des sites web, applications ou groupes Facebook. Il ne faut juste pas le voir comme une nécessité ou un blocage dans une démarche minimaliste et zéro-déchet. On ne propose rien de révolutionnaire non plus : peu importe votre niveau d’expérience, probablement que vous appliquez déjà plusieurs des concepts éco-minimalistes dans votre vie, pour toutes sortes de raisons tout aussi valables.

L’intention est principalement de poser un regard critique sur nos habitudes car sur une planète où les ressources ne sont pas renouvelables à l’infini, on ne peut pas accumuler toujours plus de possessions. À la place, on peut réapprendre à se contenter de ce qui compte le plus, quand on peut se le permettre bien entendu. Au final, vous verrez qu’en plus d’être bon pour l’environnement, ce changement sera aussi bon pour votre portefeuille!

Caroline Tremblay pour l’Association québécoise Zéro Déchet

Non, la COVID-19 n’a pas tué le zéro déchet!

Covid et zéro déchet

La pandémie a remis en question nos manières de penser et de consommer. Le plastique a fait son grand retour en dépit de toutes considérations environnementales. Pourtant, les commerces pratiquant le zéro déchet se sont adaptés et prouvent que celui-ci est sécuritaire. 73 % des 271 adeptes du zéro déchet que nous avons interrogés dans le cadre d’un sondage continuent même d’acheter en vrac. État des lieux du zéro déchet à l’ère de la COVID-19.

Les entreprises zéro déchet ont su s’adapter

Qu’ils oeuvrent dans le secteur du commerce de seconde main, du vrac, du sans plastique ou du Do It Yourself, les entrepreneurs de la communauté zéro déchet ont tous été confrontés à de nouveaux défis liés à la pandémie. Si certains ont pu maintenir leurs magasins ouverts, d’autres ont dû inventer de nouveaux modes de distribution afin de poursuivre leur activité malgré le confinement. Comme le résume Anouk Bélanger, cofondatrice de Omaïki: « Être entrepreneur, c’est s’adapter sans cesse, rebondir, recevoir des challenges et les relever. Ça fait partie du mandat! ».

Être entrepreneur, c’est s’adapter sans cesse, rebondir, recevoir des challenges et les relever. Ça fait partie du mandat !

Le zéro déchet a fait ses preuves pendant la COVID-19

Toutes les entreprises que nous avons contactées ont su réagir vite et déployer les mesures de prévention nécessaires pour assurer la sécurité des clients et permettre ainsi que le zéro déchet perdure, malgré la pandémie. Ariane Archambault, coordinatrice en communication chez LOCO, confirme: « On a établi un dialogue constant avec les clients pour recueillir leurs suggestions et leur retour d’expérience sur les mesures mises en place. Cela nous permet de voir constamment comment s’améliorer. Nous avons toujours le souci de connaître notre clientèle et ses attentes. On voulait mener la réflexion avec eux. »

Ainsi, au coeur de la tourmente, en plein confinement, l’épicerie spécialisée dans le vrac a mis en place un système de livraison à domicile, un service pour emporter et une infolettre spéciale COVID-19. À l’instar d’autres épiceries zéro déchet, elle a donc innové, pour renforcer les mesures d’hygiène et la distanciation sociale, tout en maintenant la possibilité pour le client d’apporter ses propres contenants et de déposer ses pots consignés.

Car, si le jetable est parfois considéré comme plus sécuritaire, c’est surtout l’hygiène qui est le garant de l’absence de contamination. Les contenants réutilisables, dès lors qu’ils sont lavés à l’eau savonneuse et qu’ils sont manipulés uniquement par le client, ne présentent aucun risque de contamination. A contrario, les contenants jetables, touchés par de multiples personnes, sont beaucoup moins hygiéniques. Chantal Plamondon, cofondatrice de Life Without Plastic, qui documente depuis plusieurs années les dangers du plastique pour la santé et l’environnement, renchérit : « Le plastique transmet des additifs chimiques extrêmement nocifs. Parfois, les gens sont rassurés par le jetable car ils ne considèrent pas que nettoyer est suffisamment sécuritaire. Là, c’est un travail d’éducation à faire. »

Le plastique transmet des additifs chimiques extrêmement nocifs. Parfois, les gens sont rassurés par le jetable car ils ne considèrent pas que nettoyer est suffisamment sécuritaire. Là, c’est un travail d’éducation à faire.

La plupart des adeptes du mode de vie zéro déchet gardent confiance en ce mode de consommation. Certes, pendant le confinement, près de 60 % des personnes interrogées par l’AQZD ont rencontré des difficultés pour s’approvisionner en vrac, mais 70 % ont profité de cette période pour entamer une démarche de déconsommation et revenir au « fait maison ». Finalement, la très grande majorité des personnes interrogées considère que le risque de contamination n’est pas plus élevé dans un petit commerce zéro déchet que dans une grande surface, comme l’exprime l’un des répondants au sondage: « Les emballages créent un faux sentiment de barrière alors qu’ils ne sont pas forcément propres! ».

Les emballages créent un faux sentiment de barrière alors qu’ils ne sont pas forcément propres!
Répondant au sondage sur le zéro déchet

 

Plusieurs observent d’ailleurs que les clients et les employés sont plus rigoureux sur l’hygiène dans les petits commerces écoresponsables. Chez Renaissance, le raisonnement va en ce sens : « Plus l’employé est en confiance, plus le client est en confiance », explique Eric Saint-Arnaud, le directeur général. Les protocoles sanitaires mis en oeuvre dans les centres de dons et les commerces de seconde main instaurent un climat de confiance, tant au sein des équipes que de la clientèle. Les objets donnés sont placés en quarantaine avant d’être disposés en rayons et les protocoles sanitaires assurent une hygiène optimale. Pour Renaissance, l’économie de seconde main sera d’ailleurs primordiale en cas de crise économique pour subvenir aux besoins des populations précaires.

Adam Niklewicz
Image créée par Adam Niklewicz pour le projet d'appel global aux créatifs des Nations Unies
Image created by Joystick Interactive.
Image créée par Joystick Interactive pour le projet d'appel global aux créatifs des Nations Unies

Une prise de conscience environnementale

 

Si les enjeux sanitaires et économiques sont devenus prioritaires sur la scène médiatique, l’environnement n’a pas été totalement absent des discussions depuis le 15 mars. Au contraire, le confinement du monde a démontré qu’il est possible de ralentir la machine. Une fois sur pause, nous avons tous pu constater la vulnérabilité du système économique actuel et les liens étroits entre consommation à outrance et dégradation de la planète. Comme le rappelle le pharmacien Sébastien Lacroix : « Il ne faut pas oublier que les deux crises (sanitaire et environnementale) sont liées et qu’il y a des parallèles à faire. De la même manière qu’il faut des mesures de prévention pour faire face aux crises sanitaires, il faut se préparer à la crise écologique et changer nos modes de consommation dès maintenant. »

Malgré le retour certain des objets jetables, les revendications en faveur d’une relance verte se font entendre au Québec et ailleurs dans le monde. Une grande partie de la population montre un intérêt grandissant pour l’achat local et le développement des circuits courts. Les entreprises zéro déchet sont ainsi plus que jamais convaincues de la pertinence de leur mission et des attentes de leur clientèle. L’heure n’est pas à la remise en cause des récents progrès du mouvement zéro déchet. Au contraire, cette pandémie pourrait nous offrir une occasion unique de prendre du recul et de se poser les bonnes questions.

Certains adeptes du zéro déchet, soucieux de voir les entreprises continuer à offrir des options écologiques aux consommateurs tout en respectant les mesures sanitaires idoines, proposent justement un sixième R « Revendiquer » – pour compléter les 5 R de la démarche zéro déchet. Chacun.e pourrait ainsi revendiquer, en utilisant un ton positif et non culpabilisant, la mise en place ou le retour de dispositifs plus écologiques dans les commerces et entreprises.  

Conclusion

Alors qu’une deuxième vague semble se profiler à l’horizon, quels enseignements tirer de cette pandémie et quelle société post COVID-19 souhaitons-nous construire? Le monde saura-t-il, à l’image des entrepreneurs zéro déchet, s’adapter, sortir des sentiers battus et revendiquer afin de bâtir une économie écoresponsable?

Marguerite Rose pour l’Association québécoise Zéro Déchet

Plastiques invisibles: comment réduire nos déchets à la source?

Bandeau plastiques invisbles

Réduire la quantité de plastiques qu’on jette dans nos poubelles, c’est valorisant: on voit les résultats directs de notre démarche zéro déchet. Cependant, il existe aussi toute une panoplie de déchets plastiques dans le monde qui n’atterrissent jamais dans nos bacs d’ordures, mais qui sont tout aussi problématiques: les fameux déchets invisibles.

Un déchet invisible, ça peut être plein de choses: des microplastiques, des objets envoyés au recyclage mais non recyclés, les déchets produits par les entreprises… Ce dernier cas est relativement difficile à évaluer, car les chaînes d’approvisionnement modernes sont si complexes et peu transparentes qu’il est quasi impossible de retracer l’entièreté du cycle de vie de nos achats. Ayant travaillé pendant quelques années dans les départements d’achat de grandes chaînes, j’ai pu avoir une certaine vision des déchets créés avant la vente, et c’est donc ce qui sera abordé dans ce billet. 

Pour réduire notre consommation de plastiques dans son entièreté, il est important de comprendre d’où viennent nos biens, comment ils ont été créés, et comment ils ont été livrés jusqu’à nous. Voici donc un bref aperçu de la première partie du cycle de vie des produits qu’on utilise dans notre quotidien, et des pistes de solutions pour éviter les plastiques invisibles qui en découlent. 

Dans la chaîne de production

Évidemment, tout produit manufacturé commence par des matières premières. Plusieurs ressources peuvent être nécessaires pour d’abord les extraire de l’environnement. Dépendant de la complexité du produit final, les matières doivent aussi passer par plusieurs étapes de transformation (parfois donc plusieurs usines dans divers pays) avant d’être assemblées, chacune produisant sa dose de résidus et de transport. Quand on parle de déchets de transport, ce n’est donc pas seulement pour le produit final, mais pour chaque pièce qui se rend à la ligne d’assemblage. 

Une pratique qui génère beaucoup de gaspillage est la surproduction. Vous avez peut-être entendu parler du phénomène chez les épiceries, où les tablettes sont surchargées pour l’attrait visuel, même si tout ne sera pas vendu. Ceci s’applique malheureusement aussi aux produits à base de plastique. Quand les détaillants passent leurs commandes, surtout pour les biens fabriqués à faible coût, ils peuvent choisir de surproduire car:

  • Même si tout n’est pas vendu, les coûts de production sont si bas que la marge de profit en est à peine affectée;
  • La qualité est basse et on s’attend à ce qu’une partie de la production soit défectueuse et invendable (parfois un lot doit être remanufacturé partiellement ou entièrement si un élément comme la qualité d’impression ou le poids est non conforme, et donc le lot original est mis directement au rebut); 
  • Même si le produit est fragile et a un taux de casse élevé, il coûte souvent moins cher d’en commander plus que d’augmenter la protection pour le transport.

Quand un détaillant lance un nouveau produit sur le marché, il y a toujours un risque que les ventes soient moins bonnes que prévu et de se retrouver avec un surplus d’inventaire. Ceci est particulièrement vrai pour les produits saisonniers, mais même dans le cas d’un produit permanent, si les ventes ne sont pas satisfaisantes, un commerçant peut décider de mettre les restes au rebut après un certain temps afin de libérer de l’espace. 

Dans la chaîne logistique

Quand on pense au transport de marchandise, on pense à des boîtes de carton et des conteneurs. Cependant, une quantité considérable de plastique est également impliquée, même pour des produits vendus en vrac. Effectivement, beaucoup de produits peuvent être emballés individuellement dans des sacs de plastique afin de les protéger dans le transport. Parfois on va jusqu’à emballer les emballages, car même si le produit en soi est en bon état, si l’emballage est abîmé, on n’arrivera pas à le vendre. Pour se protéger, et puisque les sacs ne coûtent presque rien, les usines préfèrent suremballer que de risquer des demandes de remboursement de la part du client.

D’un autre côté, saviez-vous que les conteneurs peuvent tomber en mer? Effectivement, selon le World Shipping Council, en moyenne 1582 conteneurs sont ainsi perdus chaque année. Certains finissent par s’ouvrir et leur contenu se fait emporter sur des milliers de kilomètres, comme illustré par le fameux déversement de Lego, incident datant de 1997 qui a libéré des millions de pièces de Lego qui continuent jusqu’à aujourd’hui de s’amasser sur les plages de Cornwall en Grande-Bretagne, le plastique toujours en parfait état. 

Solutions: quelle démarche peut-on entreprendre comme individu?

Évidemment, une grande partie de la responsabilité des déchets qui sont produits tant après-vente qu’avant-vente remonte aux compagnies qui les fabriquent. Il y a quand même plusieurs réflexions qu’on peut entreprendre et actions qu’on peut poser en tant que citoyens et consommateurs dans un effort de diminuer la création de ces plastiques invisibles. Voici quelques suggestions:

1. Réduire notre consommation.

Si un objet ne nous apporte ni utilité ni bonheur, en ne l’achetant pas, on contribue non seulement à la diminution de nos déchets personnels, mais le producteur révisera également sa production à la baisse si ses ventes diminuent.

2. Réutiliser en achetant seconde-main.

Pas seulement pour les vêtements, mais aussi pour nos meubles, jeux et jouets, outils, quoi que ce soit qui est réutilisable. On évite ainsi tous les déchets de production et une bonne partie des déchets logistiques, et encore davantage si on récupère le bien soi-même.

3. Acheter local. 

On a bien parlé des avantages socio-économiques de l’achat local dans les médias récemment, mais acheter local permet également de diminuer les distances de transport, réduisant ainsi les risques de pertes et de bris, mais aussi de diminuer la surproduction car le réapprovisionnement de dernière minute est plus facile. Bien entendu, beaucoup de produits faits au Québec sont fabriqués à partir de matériaux importés, mais il en vaut toujours mieux qu’un équivalent assemblé en Chine.

4. Se questionner pour éviter le “greenwashing”.

Même si un commerçant propose une collection d’accessoires “zéro déchet”, on peut repérer le greenwashing en analysant ses standards habituels: Est-ce qu’il tient un vaste inventaire sur ses tablettes? Est-ce qu’il change son répertoire à haute fréquence? Est-ce qu’il fait beaucoup de soldes à des prix incroyables? Est-ce que la majorité de ses produits sont fabriqués outremer? Si la réponse à toutes ses questions est oui, il est peu probable que l’entreprise tienne compte des déchets qu’elle génère à la source.

5. Soutenir les petites entreprises écoresponsables (quand on en a l’option). 

Votez avec vos dollars! Une entreprise qui est certifiée B,1% for the Planet et/ou Ecocert par exemple, démontre qu’elle est engagée à diminuer son impact sur l’environnement à tous les niveaux, incluant la réduction de ses déchets internes. Même chose pour une épicerie zéro déchet: on peut avoir confiance que les fournisseurs sont sélectionnés minutieusement pour réduire les déchets non seulement chez leurs clients, mais aussi à la source, tandis qu’une chaîne qui offre quelques produits en vrac mais sans démontrer de souci écologique, n’aura peut-être pas fait cet exercice. Faites des recherches: une entreprise zéro déchet ou écoresponsable aura tendance à être davantage transparente et à avoir des pages dédiées à ses valeurs et sa responsabilité sociale sur sa page web.

6. S’informer et en parler.

Les entreprises, même les plus grandes, sont plus à l’écoute de leur clientèle qu’on ne peut le croire. On a bien vu avec la montée en popularité du mouvement zéro déchet, que plus d’options sans emballage sont maintenant disponibles qu’il y a dix ans. Si on garde le sujet d’actualité, qu’on discute davantage des déchets invisibles, et qu’on devient plus exigeants en tant que consommateurs, les corporations verront un intérêt à revoir leurs pratiques afin de conserver leur clientèle. On peut leur écrire directement pour demander une meilleure transparence, mais on peut aussi en discuter avec notre entourage; le bouche à oreille peut se rendre loin!

Bien évidemment, tout ceci ne fait qu’un tour sommaire de certains déchets invisibles, et il n’a pas été question d’autres enjeux comme les gaz à effet de serre émis dans la chaîne d’approvisionnement. Même si c’est est moins évident, la réduction des déchets à la source est cruciale pour atteindre nos objectifs en matière d’environnement; si vous voulez en apprendre davantage, je recommande fortement de consulter les documentaires de The Story of Stuff. 

Finalement, rappelons-nous qu’on n’a pas le contrôle sur tout. On fait tous de notre mieux avec ce qui nous est disponible. L’important, c’est d’apprendre à se poser les bonnes questions avant de consommer, même pour les produits “sans plastique”. Oui, il est possible de changer notre façon de voir les choses, et une fois que c’est fait, vous verrez qu’il est beaucoup plus facile de changer nos habitudes de consommation pour le mieux, et ainsi réduire tous nos plastiques, même ceux qu’on ne voit pas!

Caroline Tremblay pour l’Association québécoise Zéro Déchet

 

Sources :

Hards, S. (2020, 14 février). Millions of Lego pieces lost 23 years ago are still washing up in Cornwall today. Cornwall Livehttps://www.cornwalllive.com/news/cornwall-news/millions-lego-pieces-lost-sea-3843766

Leonard, A., Fox, L., et Sachs, J. (2007). The Story of Stuff. Tides Foundation et Funders Workgroup for Sustainable Production and Consumption. https://www.storyofstuff.org/movies/story-of-stuff/

World Shipping Council. (2017). Containers Lost at Sea – 2017 Update. http://www.worldshipping.org/industry-issues/safety/Containers_Lost_at_Sea_-_2017_Update_FINAL_July_10.pdf

@Chutternap, Unsplash, https://unsplash.com/photos/BNBA1h-NgdY

 

Vagues de chaleur : se désaltérer sans plastique

Boisson dans un verre en plastique

Avec les vagues de chaleur qui s’emparent du mois de juillet, l’usage du plastique peut sembler inévitable puisqu’il semble indissociable de la consommation de collations désaltérantes. Voici quelques trucs qui vous permettront de braver la soif durant les épisodes de chaleur en retirant un item de plastique à la fois, tout en continuant de se rafraîchir et de profiter de l’été !

Vaincre les formats « pour emporter »

Limonades, sorbets, cafés glacés au lait d’amande, matcha glacé sans sucre, thé glacé, affogato : n’est-ce pas là un symbole phare de l’été ? On déambule dans les rues et, dès que la soif nous rattrape – ce qui est monnaie plus-que-courante – on s’arrête dans un commerce pour acheter un alléchant breuvage glacé. Et là, c’est l’apothéose et le rafraîchissement le plus complet.

Le seul hic : toutes ces délices glacés sont quasi-systématiquement servis avec une extra dose de plastique : verres, pailles, couvercles, cuillères, etc. Il y a cependant plusieurs astuces à garder en tête pour diminuer notre utilisation de ces objets à usage unique liés à la distribution et à la consommation de boissons ou collations désaltérantes. Libre à vous d’intégrer celles qui s’agencent le mieux à vos habitudes et à votre mode de vie :

  • Sortez toujours de la maison avec une bouteille d’eau réutilisable bien remplie !
  • Lorsque votre bouteille d’eau est vide, pensez à repérer les fontaines d’eau dans les lieux publics (parcs, centres communautaires, bibliothèques, etc.) ou à demander à un commerçant de vous la remplir plutôt qu’en acheter une nouvelle. Habituellement, les commerçants sont très enclins à remplir les bouteilles d’eau, et c’est encore plus vrai lors de vagues de chaleur.
  • Essayez de toujours sortir de la maison avec un contenant réutilisable ou deux ainsi qu’avec des ustensiles. Vous pourrez ainsi les présenter à un commerçant le moment venu et lui demander d’y mettre ce que vous commanderez. Les commerçants sont de plus en plus au fait de cette pratique et sont souvent enchantés d’y participer. Évidemment, avec le contexte pandémique de 2020, certains peuvent éprouver quelques réticences. Il est alors possible de bien désinfecter vos contenants et d’en faire part au commerçant ou de vous plier aux mesures sanitaires qu’il doit suivre et d’accepter de vous faire servir dans un contenant à usage unique. Lâcher prise, ne pas essayer d’être parfait et surtout, essayer d’autres bonnes clés pour aborder le zéro déchet !
  • S’il vous arrivait d’oublier ce « kit de survie alimentaire » comprenant ustensiles, tasses, pailles et contenants réutilisables, il n’est pas interdit de vous arrêter chez un marchand pour vous commander quelque chose à boire. La meilleure astuce, dans ces cas-là, est de ne demander que la tasse et de vous passer du couvercle, de la paille ou de tout autre accessoire du genre. Cela réduit la quantité de plastique à usage unique que vous utilisez. Ensuite, faites preuve de créativité avec cet objet : gardez-le pour une prochaine fois, débutez vos semis, utilisez-le comme arrosoir ou, si la créativité vous manque, recyclez-le !

 

Le zéro déchet repose sur ces trois principaux piliers : une prise de conscience, une volonté pérenne de participer au changement et une détermination à mettre en œuvre tout ce que notre contexte et nos limites nous permettent.

Ainsi, lorsque vous sortirez de la maison cet été, gardez en tête que vous aurez fort probablement soif et pensez à vous équiper en conséquence. Évidemment, tous les imprévus et les scénarios impromptus peuvent survenir, mais dès que vous en avez la chance, garnissez votre sac de « kit de survie alimentaire », et vous ne serez jamais déçu de l’avoir sous la main !

S’équiper pour les activités en plein-air

Il n’y pas que lors de visite dans des commerces ou des restaurants que l’anticipation et la préparation sont de bons alliés. Le même genre de mécanique tient aussi la route pour les pique-niques, les randonnées, les sorties à la plage ou tout autre type de sortie estivale.

Avant de partir, pensez à la nourriture, aux breuvages et aux couverts à apporter en conséquence. Pour les breuvages, il est très simple de recréer à la maison tous ces breuvages estivaux si populaires dans les restaurants. Dans tous les cas, les ingrédients magiques : beaucoup de glace et d’amour!

En voici quelques exemples :

  • La limonade, jus de citron frais pressé, sirop simple, eau et le tour est joué.
  • Le café glacé, laisser reposer du café moulu dans un grand volume d’eau pendant une nuit, filtrer, ajouter lait, sucre et sirop aromatisé, et ce sera digne d’un restaurant.
  • Le thé glacé, faites infuser le thé de votre choix (les arômes fruités sont vos meilleurs amis lors des périodes de chaleur) dans de l’eau bouillante, ajouter du sucre, le jus d’agrumes à votre goût et servir.

Pour les pique-niques, essayez de renoncer aux couverts à usage unique qui tentent de recréer le style de la vaisselle conventionnelle ; contentez-vous plutôt des contenants réutilisables que vous possédez déjà. Peut-être moins intéressants visuellement, mais en rien ils n’altèrent le goût de votre salade de pâtes ou de vos crudités, et surtout, en rien ils n’affectent la santé de la planète. Cette petite préparation vous permettra d’être moins pris au dépourvu et de moins dépendre d’items en plastique à usage unique. D’ailleurs, si vous utilisez, dans les parcs, à la plage ou à la forêt, des items dont vous devez disposer ou que vous en rencontrez sur votre chemin, pensez à les apporter jusqu’aux installations de tri, pour vous, pour les autres et pour la planète !

Nous espérons que l’un de ses trucs siéra à vos plans pour l’été, et que vous saurez participer au mouvement Juillet sans plastique en renonçant, le plus possible, au plastique à usage unique utilisé dans vos achats .

Le but de cet article est de vous donner des pistes de solution simples et à la portée de tous pour diminuer la quantité de plastique à usage unique que vous utiliserez cet été. Certaines pistes de solutions suggérées impliquent du plastique réutilisable (plats de plastique rigide par exemple). Le but n’est pas de démoniser le plastique, mais plutôt l’usage unique trop fréquent qu’on en fait. Il est toujours mieux de traîner ses propres contenants et ce, même s’ils sont en plastique à usages multiples.

Catherine Ouellet, pour l’Association québécoise Zéro Déchet

 

Compost dans la salle de bain

Compost dans la salle de bain

On entend souvent parler du bac de compost comme un élément-clé dans une cuisine. Mais qu’en est-il de la salle de bain ? N’y a-t-il pas également, dans la salle de bain, beaucoup de matières résiduelles que l’on jette à la poubelle qui pourraient se retrouver au bac de compost ? Lumière sur les bonnes pratiques de compost aux toilettes !

Nos us et coutumes font en sorte que c’est une petite poubelle que nous avons pris l’habitude d’installer dans la salle de bains. Pourtant, la grande majorité de ce qu’on y jette se composte.

Source : Association québécoise Zéro Déchet

S’ajoute à cette liste peu exhaustive des items de soins corporels ou d’hygiène durables, remplaçant les alternatives à usage unique. Pensons notamment aux coton-tiges en bois, aux brosses à dents en bambou, aux élastiques à cheveux biodégradables, aux cotons démaquillants lavables, aux coupes menstruelles, à la soie dentaire compostable et rechargeable et à la confection de produits d’hygiène personnelle (savon, shampoing, soins du visage, etc.).

Dans tous les cas, il est toujours plus intéressant, environnementalement parlant, d’opter pour des produits fabriqués avec des matières naturelles. Dans la salle de bain par exemple, des articles en bois, en bambou ou en métal sont gage d’une plus grande durabilité, longévité et éco-responsabilité. Commencer par l’implantation du compost ou d’un de ces produits durables dans la salle de bain est une bonne porte d’entrée vers l’adoption d’un mode de vie tendant vers le zéro déchet ! 

Pour le compost, il est possible d’installer deux petits bacs ; l’un faisant office de bac de compost et l’autre, de poubelle. Vous verrez, le second se remplira beaucoup plus lentement qu’à l’habitude. Pour le petit bac de compost, vous pouvez utiliser le bac de compost format comptoir fourni par votre municipalité ou encore un petit seau non utilisé dans votre maison auquel vous donnerez une seconde vie !

Catherine Ouellet, pour l’Association québécoise Zéro Déchet

 

Le compost à froid

Bac de compost

Voici le meilleur truc duquel vous munir pour faire mentir les sceptiques de ce monde, armés de leur « ça pue, ça attire les mouches et les vers ».

L’abondance des odeurs et des insectes, il s’agit assurément de la croyance la plus répandue à propos du compost. Ceci dit, l’une des manières les plus efficaces pour éviter que toutes sortes d’odeurs émanent de votre bac de compost, c’est de le garder au froid. Au très grand froid. Votre congélateur devient ici un allié de choix ! En effet, on peut congeler les matières organiques jusqu’au jour de la collecte pour éviter que les odeurs se prolifèrent. Qui sait ? Sans odeur, les membres de votre foyer retrouveront peut-être l’envie de composter. Une fois mise à l’épreuve, cette pratique sera rapidement intégrée à votre quotidien, et composter n’aura jamais apporté si peu de désagréments !

Côte pratico-pratique, il existe deux principales façons de stocker votre compost dans votre congélateur :

  • Mettre les résidus organiques directement dans le petit bac fourni par votre municipalité et transférer le contenu du bac dans le plus grand bac brun au moment de la collecte. 
  • Si votre congélateur ressemble davantage à une partie de Tetris ou que votre petit bac est utilisé dans une autre pièce, vous pouvez simplement mettre les résidus organiques dans un sac compostable. 

À vous de voir quelle option convient le mieux. Évidemment, si la congélation de votre compost sur une base régulière ne vous apparaît pas nécessaire ou vous semble plutôt irréalisable parce que votre partie de Tetris est sans issue, c’est un truc qui devient particulièrement intéressant pendant les jours de canicule et convient aux restes de table plus odorants tels que du poisson ou à ceux qui attirent particulièrement les insectes comme les restes de fruits. C’est donc une pratique que l’on peut utiliser sporadiquement, lorsque nécessaire.

Si la congélation des matières organiques ne convient pas du tout, gardez en tête que l’ajout de matière sèche ou azotée dans votre compost ralentira la décomposition et, en conséquence, la prolifération des odeurs. Les papiers journaux, les mouchoirs et les papiers essuie-tout remplissent très bien ce rôle. 

Parlons bouillon maison

Compost et congélateur font également bon ménage quand vient le temps de parler de bouillon. Simple comme bonjour : vous n’avez qu’à conserver les épluchures de légumes dans un contenant ou sac hermétique à part dans votre congélateur pour donner vie à un savoureux bouillon de légumes maison en les faisant infuser dans une grande quantité d’eau chaude avec quelques aromates (ail, herbes salées, etc).

Source : Courtoisie de l’auteure

Évidemment, certains retailles (carottes, courgettes, oignons, pieds de champignons ou de céleri, poivrons, etc.) se prêtent mieux que d’autres, alors que d’autres conviennent moins bien à la confection d’un bouillon maison. Pensons notamment aux épluchures de pommes de terre noircies contenant de la solanine et aux légumes crucifères qui donnent un goût et une odeur amers. Il est donc conseillé de se renseigner sur les meilleures pratiques en termes de bouillon maison avant de se lancer, et surtout, de le faire avec plaisir, si le cœur vous en dit. Pas de pression !

 

Catherine Ouellet, pour l’Association québécoise Zéro Déchet 

Composter: 7 erreurs à éviter

Mains dans la terre

Composter est un geste qui constitue, pour plusieurs, une porte d’entrée dans l’amorce d’une démarche écoresponsable, à tendance zéro déchet. Au même titre que la récupération, le compost est capricieux à certains égards. Comme l’implantation est encore récente dans plusieurs municipalités, il est normal que certaines pratiques soient encore à parfaire, certains mythes à déboulonner et certaines erreurs fréquentes à éviter

Source : Needpix

À noter que ce palmarès s’applique surtout à la collecte municipale où plus de matières sont acceptées que dans un composteur domestique. 

  • Sacs biodégradables

Pour éviter de déposer vos résidus alimentaires directement dans votre bac brun, il est conseillé d’utiliser un sac en papier, une superposition de papier journal ou encore un sac. Pour la sélection du sac, le choix devient plus épineux. Plusieurs compagnies jouent sur le greenwashing – en d’autres mots, le marketing vert – en indiquant que leur sac est « biodégradable », « bon pour l’environnement » ou « oxo-biodégradables », appellations qui ne riment pas forcément avec « compostable ». Il faut donc savoir reconnaître un sac compostable aux logos et aux certifications. Les plus fréquents sont les suivants, sinon le Bureau de normalisation du Québec (BNQ) offre une liste exhaustive des entreprises et marques de commerce certifiés : 

  • Autocollants

La plupart des fruits et des légumes sont décorés d’un autocollant qui identifie la provenance du produit ou encore, son code-barres. Pour les fruits et légumes dont la pelure est comestible, il est plus rare d’oublier d’enlever l’autocollant. Par contre, pour les fruits et légumes dont la pelure n’est pas comestible – les ananas, les avocats et les bananes – il faut s’assurer que l’autocollant ait été retiré avant de les composter. 

  • Sachets de thé

Ce ne sont que le thé et le sachet qui se compostent. Il faut penser retirer les agrafes, la ficelle et l’étiquette retenue au bout de la ficelle. 

  • Cartons et papier souillés

Les cartons et papier souillés, enduits de gras peuvent se retrouver au compost. Par contre, la feuille cirée qui se retrouve habituellement entre la boîte de carton et la pizza, c’est destination poubelle.

  • Pellicules plastiques moulantes

Les concombres anglais sont souvent recouverts d’une pellicule plastique. Pensez à retirer cette fine pellicule avant de mettre au compost les extrémités ou la pelure, car ce résidu non organique ne fait pas partie du strict régime alimentaire de votre bac de compost. 

  • Os et croûtes de fromage

Sujet épineux, car on doit réserver deux sorts différents à ces items selon le type de composteur, le procédé et les exigences municipales. Si par exemple, vous avez recours à la collecte municipale des matières organiques, vérifiez auprès de votre municipalité pour vous assurer que la présence d’os et/ou de croûtes de fromage est permise dans les bacs bruns. Habituellement, les municipalités autorisent ce genre de matières dans les bacs bruns puisqu’elles procèdent à leur traitement par compostage ou par biométhanisation. Par biométhanisation, les matières organiques sont digérées pendant 20 jours, ce qui engendre la production d’un biogaz (énergie propre qui pourra être utilisée comme combustible ou carburant) et d’un digestat, soit un fertilisant organique. Lorsque l’on parle de « digestion » de matières organiques, cela renvoie à une fermentation méthanique ou un procédé de recyclage biologique des matières organiques par des micro-organismes en absence d’oxygène (Recyc-Québec). Par compostage, les matières organiques atteignent des températures très élevées en présence d’eau et d’oxygène, ce qui mène à leur fermentation, puis ultimement à un compost riche en humus et en nutriments.

Si vous utilisez plutôt un procédé de compostage domestique, c’est-à-dire que vous accumulez vos résidus bruns et verts dans votre cour, tous les produits de source animale seront à proscrire. Alors qu’ils sont aisément traités à haute température par des procédés de compostage et de biométhanisation à échelle industrielle, les résidus de source animale ne peuvent se destiner aux composteurs domestiques puisque ces derniers ne permettent pas l’atteinte de températures suffisamment élevées pour empêcher la formation de pathogènes néfastes pour la santé humaine tels que la salmonelle et l’E Coli. 

  • Bouchons en liège

Les bouchons en liège naturel peuvent être déposés dans les bacs de compost puisqu’il s’agit d’une matière dont la composition est d’origine organique (il s’agit en fait d’une composante de l’écorce de certaines essences d’arbres). Cependant, prêtez attention aux bouchons en imitation liège. Ces derniers préservent l’allure générale du liège, mais sont composés de plastique, ce qui les rend automatiquement non éligible à votre bac de compost. En bref, le liège naturel va au compost et l’imitation liège, non.

 

Catherine Ouellet, pour l’Association québécoise Zéro Déchet

Dans les coulisses de la fabrication d’un vêtement sportif écoresponsable

Rose Buddha

Classé sur le podium des industries les plus polluantes, le secteur de la mode a encore de nombreux progrès à faire en matière d’écoresponsabilité. De nombreuses initiatives et de nouvelles marques fleurissent pour dessiner l’avenir d’une industrie textile plus respectueuse de l’environnement. Le processus de fabrication est au centre de cette transformation.

Mais comment se passe concrètement la confection d’un vêtement écoresponsable ?

Lexemple de Rose Buddha

Afin d’en connaître davantage, l’Association québécoise Zéro Déchet a décidé d’interroger un de ses membres entreprise, Rose Buddha. Madeleine a accepté de nous faire découvrir les coulisses de son entreprise.

Rose Buddha a été créée en 2016 par Madeleine Arcand, Maxime Morin et Benoit Boisclair avec comme objectif dapporter une alternative écoresponsable aux vêtements de sport et du quotidien. Adeptes de yoga, Madeleine et Maxime sont parties du constat quil nexistait pas de leggings écologiques québécois. « Une fille qui voulait sacheter un legging devait presque automatiquement se tourner vers des entreprises qui ne font pas des vêtements écologiques et de façon locale », précise la cofondatrice.

Source: Courtoisie de Rose Buddha

Première étape : choisir la matière écologique

Cest en Inde, lors dun voyage en famille, que Madeleine découvre lexistence dun textile conçu à partir de bouteilles en plastique recyclé, fait à 80% de plastique et 20% de Spandex afin que le tissu conserve son élasticité. Les cofondateurs décident alors de chercher un textile équivalent au Québec.

Le plastique recyclé présente plusieurs avantages par rapport à dautres matières écologiques. Il permet de créer des vêtements techniques adaptés à lactivité sportive qui sèchent rapidement et sont gainants. Son autre avantage est quil na pas besoin d’être plongé dans de la peinture, susceptible de contenir solvants et produits chimiques.

Plus de 500 000 bouteilles en plastique ont déjà été utilisées.

Il faut compter environ 10 bouteilles en plastique recyclé pour réaliser un legging. Au total, plus de 500 000 bouteilles ont déjà été utilisées dans la confection des produits.

Une méthode de fabrication artisanale et locale

La fabrication dun vêtement écoresponsable passe par une chaîne de production la plus locale possible, respectueuse de la qualité de vie au travail et de lenvironnement. 

Celle de Rose Buddha est soigneusement réfléchie. Tout est réalisé au Québec sauf le fil qui provient des Etats-Unis. « Il nexiste pas au Québec de machines qui récupèrent les bouteilles en plastique pour les transformer en fil », précise Madeleine. Une fois les ballots de fils réceptionnés, une entreprise montréalaise confectionne le textile. 

Pour colorer ses tissus, Rose Buddha a recours à une technique écologique appelée sublimation. Sa particularité est dutiliser des encres sensibles à la chaleur. Madeleine nous explique plus en détails le procédé : « Les dessins sont imprimés sur une feuille de papier, on colle celui-ci sur le tissu blanc. On met ensuite le tout dans une grosse presse chaude. En s’évaporant, lencre écoresponsable va sincruster dans le tissu. »

Source: Courtoisie de Rose Buddha

Non seulement cette technique est écologique mais elle permet également à Rose Buddha une grande liberté dans ses imprimés graphiques. Lentreprise fait dailleurs appel à Emilie Beaudoin, une artiste locale, pour designer ses leggings.

Une fois le tissu coloré et imprimé, il termine son chemin chez un confectionneur en Beauce, qui a les compétences nécessaires pour coudre un textile technique. 

Chaque pièce est assemblée une à une, à la main.

Chaque pièce est assemblée une à une, à la main. Du début à la fin de la chaîne de production, il faut compter environ trois mois pour confectionner un legging. « Lorsquune personne achète un legging, ça part de là-bas, directement de lentrepôt jusque chez la personne, pour limiter le transport.»

Enfin, la production respecte le zéro déchet. Les papiers dimpression sont recyclés et les retailles de tissus réutilisées pour fabriquer des intérieurs de poches, des cordons de vêtements, des accessoires et des bijoux. Même les plus petites retailles servent à emballer des produits. La boucle est bouclée !

Quinclut le prix dun vêtement écoresponsable ?

Le legging de Rose Buddha coûte 118 dollars, soit la même gamme de prix quun legging de marque non écoresponsable, mais les coûts de production sont plus élevés.

 « Le mètre de tissu que je fais tricoter me coûte extrêmement cher. Limpression écologique réalisée à Montréal me coûte également très cher. Je fais coudre mon tissu par une dame qui a une famille et je souhaite également quelle soit bien payée et respectée dans son travail. » précise la cofondatrice.

Une prise de conscience côté acheteur doit avoir lieu pour favoriser davantage les vêtements écologiques. Depuis la création de Rose Buddha, Madeleine a vu évoluer les mentalités concernant les modes de consommation : « Les acheteurs sont plus conscients des moyens de production des vêtements. » Elle constate également quavec la crise actuelle liée à la Covid-19, les Québécois se tournent plus volontiers vers des produits locaux. 

Enfin, lorsquun acheteur fait le choix dun vêtement écoresponsable, il adhère aux valeurs de lentreprise. Le succès est subjectif et pour Madeleine, il ne se limite pas au chiffre daffaires : « Personne chez Rose Buddha ne sera multimilliardaire mais tout le monde est bien payé et respecté. La nature est respectée », conclue-t-elle.

Au final, la confection dun vêtement écoresponsable va bien au-delà du produit. Ce sont les valeurs et lunivers créés autour de la marque qui définissent lidentité de lentreprise. Plus elle sera engagée, plus forts seront les liens créés avec sa communauté. Ensuite, au tour du consommateur dagir en privilégiant un achat local plus respectueux de lenvironnement, quitte à parfois payer un peu plus cher.

 

Charlotte Doumayrou, pour lAssociation québécoise Zéro Déchet

 

(Cet article nest pas commandité. Les opinions véhiculées dans ce billet sont celles de lauteure.)

Se mettre en forme à la maison, sans créer de déchets

Yoga

Quand les gyms ont dû fermer leurs portes à cause de la COVID-19, comme beaucoup, je me suis retrouvée un peu chamboulée; sans être une grande adepte de sport, j’ai l’habitude d’y aller deux fois par semaine pour garder la forme. La première chose qui m’est venue en tête: vais-je devoir acheter de l’équipement pour me maintenir en forme? Pourtant, s’il y a bien un message que le zéro déchet m’a appris, c’est de réduire et réutiliser, et non d’acheter des produits neufs pour un usage temporaire.  C’est donc ce que je veux partager aujourd’hui: confinement ou pas, il est possible de se mettre en forme à la maison tout en étant zéro déchet. Il suffit de faire preuve d’un peu de créativité et de flexibilité! Voici quelques idées pour vous inspirer.

  • Vêtements et chaussures

Avec la montée en popularité du style « athleisure », il est tentant de s’acheter de beaux ensembles de vêtements sportifs bien assortis. Après tout, si ça vous aide à vous sentir bien dans votre peau et vous pousse à vous entraîner plus fréquemment, faites-le; mais pensez à chercher des articles de seconde-main dans les friperies ou en ligne. Il existe également plusieurs marques spécialisées qui sont écologiques et parfois même faites ici au Québec (nous vous en présenterons une, d’ailleurs, dans notre prochain billet)! Sinon, fouillez d’abord dans votre garde-robe. Pour ma part, je n’avais pas de manteau pour aller faire du jogging dehors. Quand les gyms ont fermé en mars, ça ne m’a pas arrêtée: par-dessus mes vêtements de gym, je portais un vieux coton ouaté et un léger coupe-vent. Un ensemble un peu toutes les couleurs et pas très sexy, mais suffisamment confortable et chaud pour cette activité. Après tout, c’est ce qui compte: être bien!

  • Équipement et machines

Premièrement, il existe une plénitude de vidéos en ligne qui présentent des entraînements pour lesquels aucun équipement spécifique n’est nécessaire: yoga, power cardio, danse, kick boxing… Il y en a pour tous les goûts! Souvent, peu d’espace est requis; j’arrive très bien à les suivre dans le salon de mon appartement montréalais.  Au gym, on a accès à toutes sortes d’équipements: tapis roulants, machines de musculation, haltères, etc. Alors, comment recréer l’expérience chez soi? Une fois encore, la créativité est de mise pour s’inventer quelques machines et accessoires.

Si vous trouvez des routines où des haltères ou élastiques sont nécessaires, ce n’est pas impossible quand on n’en possède pas. Par exemple, pour des poids d’environ une à trois livres, on peut très bien utiliser n’importe quel objet d’un certain poids, qui se tient bien dans les mains, comme une bouteille d’eau réutilisable bien remplie ou même une boîte de conserve. Pour remplacer une bande élastique, j’ai trouvé dans mes tiroirs une vieille paire de collants trouée. Profitez-en pour donner une deuxième vie à certains objets, tout en vous permettant de ne pas sacrifier certains exercices. 

  • Autres conseils

Il existe d’autres aspects d’une routine de mise en forme où on peut appliquer les principes du zéro déchet: l’alimentation, l’hydratation, les soins du corps. Je n’entrerai pas dans tous les détails car l’alimentation et les produits pour le corps font partie d’une discussion à part entière, mais voici quelques suggestions qui touchent fréquemment l’activité sportive.    Hydratation: Évidemment, on emploie une bouteille d’eau réutilisable.   Déodorant: Il existe plusieurs alternatives : on peut en faire maison ou s’en procurer en vrac dans certaines boutiques écologiques. Les formules sont un peu différentes. Tout ne plait pas à tout le monde et c’est bien correct! Si vous n’êtes pas prêts à faire ce saut, commencez par un simple déodorant naturel, plus facile à trouver en pharmacie.   Lavage: Comme la plupart des vêtements de sport sont fabriqués de fibres synthétiques, quand on les lave, des microfibres plastiques se retrouvent inévitablement dans nos égouts. Il existe des filtres à laveuse pour les capturer, mais si vous n’en avez pas, essayez simplement de minimiser les lavages: si le vêtement n’est pas sale et ne dégage pas de mauvaise odeur, il peut très bien être porté une deuxième ou troisième fois. 

Ces solutions ne sont pas toujours aussi optimales que des équipements professionnels, donc assurez-vous de faire des choix sécuritaires. Pour une utilisation sérieuse à long terme, il n’y a pas de mal à s’acheter de l’équipement de qualité, mais si, comme moi, vous cherchez une solution temporaire et zéro déchet, j’espère que ces quelques idées vous auront inspirés. Amusez-vous et n’hésitez pas à partager vos expériences de mise en forme zéro déchet avec nous!

 

Caroline Tremblay, pour l’Association québécoise Zéro Déchet

12 documentaires sur l’environnement à voir ou à revoir

Pop corn

En temps de Covid-19, plusieurs d’entre nous cherchent des idées d’occupations pour passer le temps. Quoi de mieux pour optimiser ses soirées que de visionner des vidéos éducatives, et ainsi se renseigner sur des sujets comme l’agriculture urbaine, les changements climatiques, le minimalisme, la mode éthique, l’écoresponsabilité? Voici une sélection de 12 documentaires et films à regarder pendant cette période de confinement.

Source : AlloCiné
  • Prêt pour la décroissance (2020) Documentaire qui questionne le concept de décroissance. Est-ce une option qui peut être envisagée pour tous les citoyens? Est-ce possible de changer son mode de vie de façon aussi radicale?
  • Tout est possible / The little biggest farm (2019) Lorsque le documentariste John Chester, sa femme Molly et leur chien Todd reçoivent un avis d’expulsion de leur petit appartement en Californie, ils décident de changer radicalement de vie. Ainsi, ils achètent un terrain de près de 80 hectares, près de Los Angeles, sur lequel ils développent une ferme durable. Ils ont décidé de filmer leur progression, leur succès et échecs, durant huit ans de leur vie.
  • La Terre vue du coeur (2018) Depuis plus de vingt ans, Hubert Reeves met toute sa science, tout son poids médiatique, et toute son énergie au service d’une seule cause : la préservation et le renouveau de la biodiversité. Ce documentaire partage son émerveillement sans cesse renouvelé pour la vie, son engagement pour un avenir plus harmonieux, tout en donnant la juste mesure de la lutte sans merci à mener pour y arriver.
  • La ferme et son état (2018) portrait actuel des forces vives et des aberrations en agriculture au Québec. Des jeunes agriculteur.e.s éduqué.e.s rêvent de faire une agriculture responsable, innovatrice et écologique, dans un système où ils ont peine à exister, alors que la réalité change sous nos yeux.
  • Straws (2017) réalisé par Linda Booker, ce court-métrage documentaire présente les conséquences de l’utilisation des déchets plastiques et comment nous pouvons viser le changement… une paille à la fois.

  • Recyclage: la grande illusion (2016) Chaque année, le Québec enfouit 5,5 millions de tonnes de déchets. La province s’est pourtant fixée comme objectif de recycler 100% de ces matières organiques d’ici 4 ans. Voyez la face cachée du recyclage au Québec.

  • Food Coop (2016) Food Coop est un film documentaire franco-américain réalisé par Tom Boothe. Il présente l’expérience du supermarché autogéré Park Slope Food Coop à New York.

  • Demain, le film (2015) réalisé par Cyril Dion et Mélanie Laurent. Une vague positive et contagieuse, vous aurez le goût de passer à l’action après l’avoir visionné!

  • En quête de sens (2015) c’est l’histoire de Marc et Nathanaël, deux amis d’enfance qui décident de prendre la route pour questionner la marche du monde,  à la rencontre d’acteurs du changement. Leur voyage initiatique sur plusieurs continents est une invitation à reconsidérer notre rapport à la nature, au bonheur et au sens de la vie.

  • The True Cost (2015): ce documentaire se penche sur les conditions de vie des travailleurs et l’impact environnemental qui se cachent derrière la demande occidentale pour la “fast fashion”.

Nous vous avons partagé 12 idées de documentaires ou films récents, mais il en existe des milliers! Pour consulter la liste complète de nos suggestions du moment, consultez la page ressources de l’Association québécoise Zéro Déchet.

Et vous? Quelles sont les vidéos que vous recommanderiez?

Cynthia Bouchard-Gosselin, pour l’Association québécoise Zéro Déchet