10 astuces pour transformer son écoanxiété en bonheur contagieux

Être écoanxieux(-se), c’est se sentir en situation d’urgence face au dérèglement des écosystèmes et en même temps avoir une forte impression d’impuissance. Cet état d’anxiété, qui affecte la santé mentale de plus en plus de gens, peut nous empêcher d’agir, mais peut aussi nous pousser à l’action. D’ailleurs, selon la doctorante en psychologie à l’Université du Québec à Montréal, Christina Popescu, le meilleur antidote à l’écoanxiété demeure l’engagement social. Vous trouverez ici dix astuces pour vous mettre en mouvement et retrouver votre équilibre psychologique! 

1. Découvrir son pouvoir d’agir

Les cercles d’influence, vous connaissez? Le cercle extérieur, c’est celui des préoccupations, on y retrouve tout ce sur quoi nous n’avons aucun contrôle. Ce sont ces pensées qui nous font dire que le défi est trop gros, qu’on ne peut pas faire une différence, qu’il est trop tard, que d’autres polluent plus que nous, etc. Demeurer dans cette zone est source d’inquiétude, de stress et d’anxiété car on se sent impuissant(e). À l’opposé, le cercle du centre, c’est notre pouvoir d’agir. Quand on fait le ménage dans nos pensées, qu’on identifie ce qu’on peut contrôler, et qu’on décide de se mettre en action, notre cerveau sécrète des hormones qui nous aident à mieux gérer le stress et contribuent à nous mettre de bonne humeur. Finalement, le cercle d’influence est entre les deux : c’est lorsqu’on peut interagir dans l’intention de changer les choses, sans être vraiment responsable du résultat. Ça aussi, c’est bon pour la santé mentale, ça développe le « lâcher-prise ». Ne perdez pas une minute pour quitter votre cercle extérieur, identifiez vos options et découvrez le bien-être du cercle de contrôle!

Cercle d'influence
2. Cesser de lire les mauvaises nouvelles concernant la planète

Ces études scientifiques qui nous confirment chaque jour la disparition d’une nouvelle espèce ou la quantité de plastique dans l’océan sont nécessaires et visent un objectif : éveiller les consciences. En revanche, à la longue, ces lectures sont franchement déprimantes et elles alimentent notre cercle des préoccupations. Abonnez-vous plutôt à des infolettres comme celles de l’Association québécoise Zéro Déchet ou d’Unpointcinq le joyeux media de l’action climatique au Québec ; regardez le documentaire Demain ou lisez le livre Demain le Québec.  Ça vous fera découvrir que chaque jour, il y a des milliers de personnes qui se sentent comme nous et qui se sont mises en mouvement pour une planète plus verte. Ça vous donnera de l’espoir. 

3. Commencer par un petit geste

Réalisez un changement à la fois et célébrez chacun d’eux. Chaque geste, répété des centaines de fois et multiplié par le nombre de personnes qui s’y mettent, ça fait une différence. Commencez par remplacer un article jetable par un réutilisable, par exemple, les lingettes démaquillantes ou les serviettes de table. Mettez vos lunchs et vos restes dans des plats plutôt que dans des sacs Ziploc. Réalisez qu’une bonne vieille guenille essuie mieux qu’un essuie-tout. Emportez votre bouteille d’eau et votre tasse à café réutilisable. Achetez votre savon en barre, et pourquoi pas votre shampoing? Essayez une nouvelle recette végétarienne et publiez-la sur les réseaux sociaux. Soyez fier(-ère) de chaque nouvelle habitude et partagez avec vos proches le plaisir ressenti, ça leur donnera des idées! Vous verrez, c’est bien plus efficace que de faire la morale.

4. Acheter mieux, acheter moins

En avez-vous vraiment besoin? Est-ce un produit durable ou êtes-vous influencé(e) par le bas prix? Peut-on le trouver usagé? Réduire sa consommation, c’est passer du plaisir éphémère d’acheter et savourer le bien-être durable de vivre en harmonie avec ses valeurs. En prenant conscience de la quantité de ressources requises pour produire, transporter, distribuer et disposer les objets, on réalise que chaque article non acheté a un impact positif sur l’environnement et que finalement, c’est plutôt facile de s’en passer. C’est le moyen favori des paresseux pour sauver la planète, et c’est le plus efficace, car on réduit à la source. En bonus, quel bonheur de voir s’élever le solde de notre compte de banque! 

Personnes en ligne
5. Faire du bien avec son argent

Achetez bio, local, équitable, végétarien, faites un don à un organisme environnemental, compensez les crédits-carbone de vos voyages en avion, investissez vos économies dans des placements verts et socialement responsables. Ces choix que vous faites avec votre argent contribuent à encourager des entreprises qui ont des pratiques écologiques et durables ou des organismes qui ont de grandes ambitions, de superbes projets, mais ont besoin d’un petit coup de pouce financier. Laure Waridel ne savait mieux dire dans son livre Acheter, c’est voter. Chaque soir avant de vous endormir, ressentez la gratitude vous envahir : avec l’argent investi ou donné, quelqu’un est en train de changer le monde à votre place!

6. Faire entendre sa voix

Signez des pétitions, répondez aux sondages, écrivez à votre ville, à votre député, à votre marchand, à l’école, à la direction de votre entreprise. Demandez la collecte de compost, l’amélioration des pistes cyclables, la réduction des emballages, plus de choix végétariens, etc. S’attendre à ce que les entreprises changent d’elles-mêmes, c’est dans notre cercle des préoccupations, faire valoir nos opinions avec nos choix et nos achats, c’est dans notre cercle de contrôle. Les décideurs et les entreprises sont à l’écoute des opinions de la population et des consommateurs. Par ailleurs, nous sommes de plus en plus nombreux(-ses) à demander des politiques et des mesures plus vertes, et ça donne des résultats. Apprivoisez vos superpouvoirs de citoyen(ne) et de consommateur(trice), et faites confiance à la force du nombre!  

7. Apprendre à dire « Non merci »

Prenez conscience de tous les articles inutiles qu’on nous impose, sans notre consentement. Par exemple, en allant chercher mes nouvelles lunettes récemment, je n’ai pas pris l’étui, je dois bien en avoir une douzaine à la maison.  J’ai refusé la petite bouteille de liquide nettoyant : les lingettes lavables font des miracles pour nettoyer les lunettes. Si vous aimez le liquide, utilisez votre nettoyant à vitre, c’est d’ailleurs ce qu’on vous vend chez l’optométriste, mais plus cher, dans de jolies petites bouteilles. Je n’ai pas pris la petite boîte en carton « cute » dans laquelle les lunettes et l’étui étaient déposés, ni le sac, dans lequel la petite boîte a été mise! L’arbre est dans ses feuilles… J’ai remis la carte d’affaires qui se trouvait dans le sac, et j’ai demandé de m’envoyer la facture par courriel. C’est facile, ça ne coûte rien et c’est marrant de voir la réaction des gens quand on refuse un échantillon, un article de promotion ou une prime-cadeau. « Mais c’est gratuit, madame! » Le rire est un remède très efficace contre l’anxiété!

Légumes qui pousse
Crédit photo: Markus Spiske
8. Participer aux marches pour la planète

Se retrouver au milieu de milliers de personnes qui ont su transformer leur colère en énergie pour passer à l’action, c’est le summum du bonheur! Embarquez dans la vague, bricolez une pancarte drôle et non culpabilisante, apportez vos chaudrons et dansez! Observez autour de vous, remplissez-vous de cette énergie positive, c’est grisant!

9. Devenir bénévole dans une organisation environnementale

Paru dans un récent article de La Presse : Selon la Harvard Medical School, faire du bénévolat développe les réseaux et les habiletés sociales, accroît la confiance en soi, procure un sentiment d’accomplissement, réduit le stress et les risques de dépression, et augmente même le niveau de bonheur !  Les organismes sont tous à la recherche de personnes motivées avec des talents diversifiés. Faites des recherches sur Internet, prenez connaissance des missions et valeurs des organisations et choisissez celles qui vous ressemblent le plus. Regardez, par exemple, du côté de la Fondation David Suzuki, de Greepeace, ou d’Équiterre, qui proposent des projets concrets et positifs pour la communauté partout au Québec, ou des organismes plus locaux comme les Éco-quartiers à Montréal. Pourquoi ne pas vous joindre à nous, à  l’Association québécoise Zéro Déchet? Vous pourrez choisir les projets qui vous intéressent, selon le nombre d’heures que vous avez à investir, et même contribuer à partir de chez soi. Allez, osez! 

10. Partager cet article

S’il vous a inspiré(e), il en inspirera un(e) autre, qui posera un petit geste, puis un autre.  Prenez part au mouvement collectif, il est déjà en marche! Voyons la crise climatique comme une opportunité de donner un sens à nos vies et nous pourrons dire avec fierté à nos petits-enfants que nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir. En bonus, ces hormones du bonheur, sécrétées par la satisfaction ressentie lorsqu’on contribue à quelque chose de plus grand que soi.  Elles sont addictives !  Quand on commence, on ne peut plus s’arrêter… On est sur notre « éco » X!  Vous voyez, vous vous sentez déjà mieux.

Cercle d'influence
Par Nathalie Ainsley pour l’association québécoise zéro déchet

Note de l’auteure : Si vous pensez souffrir d’un trouble anxieux, si votre détresse ressentie est envahissante, si vous avez des crises d’anxiété, des pertes d’appétit ou de sommeil, si vous n’arrivez plus à vous concentrer ou à penser à autre chose, consultez un spécialiste de la santé mentale, qui saura vous accompagner.