Aménager une cour écoresponsable

Aménager une cour de rêve pour profiter de l’été est un art que plusieurs ont perfectionné durant le confinement. Évidemment, il est possible d’améliorer le confort de votre espace extérieur tout en prenant soin de la planète. Cet article survole les principaux enjeux à considérer pour y arriver.

 

Lutte contre les îlots de chaleur

Un îlot de chaleur urbain est une zone où la température est anormalement élevée en raison des conditions ambiantes défavorables que l’on retrouve surtout en ville. Selon Vivre en ville, ils sont principalement causés par l’abondance de surfaces minérales, l’absence de végétation et d’eau ainsi que les activités humaines comme les moteurs de voitures et les climatiseurs.

Heureusement, il existe des solutions d’aménagement qui permettent de limiter ce phénomène et transformer votre cour en oasis de fraîcheur. La meilleure solution à cet enjeu est le verdissement. En effet, les arbres contribuent à limiter les îlots de chaleur en créant de l’ombre et en rafraîchissant l’air par évapotranspiration, en plus de rendre l’espace beaucoup plus agréable. Ensuite, il faut éviter les matériaux minéraux comme le béton, l’asphalte et les roches, puisqu’ils absorbent beaucoup de chaleur. On peut les remplacer par des couvre-sol végétaux ou des surfaces de bois par exemple. Finalement, on crée de l’ombre. Arbres, pergolas, auvents, parasols, choisissez la solution qui vous convient !  

GESTION DE L’EAU

Les surfaces imperméables, comme l’asphalte et le béton, engendrent un ruissellement des eaux pluviales vers les égouts. Selon Écohabitation, ce phénomène a plusieurs conséquences néfastes, comme la possibilité de surcharge du système de traitement de l’eau et le lessivage des polluants vers les cours d’eau. Il est bien plus profitable de laisser l’eau de pluie percoler dans le sol, où elle est naturellement filtrée par les micro-organismes et les racines des plantes, en plus d’alimenter la nappe phréatique. Pour bien faire, choisissez des revêtements de sol perméables qui laisseront l’eau s’infiltrer. L’idéal est d’avoir de la végétation. Si vous devez absolument avoir un espace de stationnement, les pavés alvéolés offrent une bonne alternative à l’asphalte ou la poussière de roche.

 

Source: LaPresse

Si vous avez la chance d’avoir un terrain qui le permet, vous pourriez aménager un jardin de pluie. Le principe est simple. Le toit de votre maison est une grande surface qui reçoit de l’eau de pluie. Au lieu d’envoyer le rejet des gouttières vers la rue et éventuellement les égouts, vous pouvez recueillir cette eau dans un jardin prévu à cet effet. En forme de cuvette, il agira comme une éponge en absorbant l’eau, puis en la laissant s’infiltrer et s’évaporer par la suite. L’eau des toits, d’une terrasse ou de n’importe quelle autre surface imperméable recevant de la pluie peut être utilisée. Si vous voulez en apprendre plus, l’université du Nebraska a produit un guide à ce sujet (traduit et adapté pour le Québec par l’Organisme de bassin versant Matapédia-Restigouche).

Source: Guide bâtiment durable
Source: Guide bâtiment durable

Si vous avez moins de temps à investir, il est aussi possible de récupérer l’eau de pluie dans un bidon au pied d’une gouttière. C’est parfait pour vos plantes ! Pour limiter l’arrosage, il est aussi bon de favoriser les espèces indigènes, c’est-à-dire celles qui poussent de façon naturelle au Québec. Elles sont mieux adaptées à notre climat, ce qui implique moins d’entretien et d’arrosage. Recouvrir la terre de paillis, de feuilles mortes ou de trèfle évitera aussi son assèchement trop rapide. Ainsi, on économise à la fois les efforts et l’eau !

Favoriser la biodiversité

Puisque le gazon est un végétal, plusieurs l’associent à tort à la nature. Or, les grands espaces gazonnés sont plus une nuisance qu’un atout pour la biodiversité. La pelouse verte sans aucune mauvaise herbe, trophée du banlieusard, est en fait une monoculture, soit l’exact opposé d’un écosystème varié. De plus, pour rester beau, le gazon nécessite une tonte périodique, un arrosage régulier et parfois même des pesticides pour éliminer les pousses indésirables. Tout ceci est peu écologique et demande de votre temps. Vous avez mieux à faire !

 

L’alternative écolo est l’adoption d’un couvre-sol de plantes indigènes variées, qui donneront une allure plus sauvage à votre terrain. Le Jardin botanique de Montréal suggère de planter un mélange de trèfles et de graminées, des plantes complémentaires au niveau du temps de floraison. Il existe aussi l’option de laisser une partie de votre cour à l’état complètement sauvage et découvrir ce qui va y pousser naturellement. Bref, cessez de lutter contre la nature et laissez fleurir vos pelouses. Vive les terrains libres !

Un autre avantage des parterres fleuris est qu’ils permettent de nourrir les pollinisateurs, qui jouent un rôle essentiel dans le maintien des écosystèmes et la culture des aliments que nous mangeons. Comme leurs populations sont en déclin, pourquoi ne pas leur donner un petit coup de pouce ? La solution est assez simple : des fleurs, des fleurs et encore des fleurs, pour qu’ils puissent butiner. Voici quelques conseils :

  • on choisit des plantes indigènes;
  • on s’assure d’avoir différentes espèces pour maintenir une floraison toute la saison (de mai à octobre);
  • on évite les pesticides;
  • on favorise les fleurs simples (celles à une rangée de pétales avec les pistils dégagés, facilement accessibles pour les pollinisateurs).

Une autre solution est l’installation d’un hôtel à insectes dans votre cour. Cette petite cabane de bois peut contenir des branches de différentes tailles, du papier recyclé, des cocottes, des briques, de la paille et d’autres matériaux qui fourniront des refuges aux insectes. Ils s’en serviront comme lieu de ponte ou y éliront domicile pour passer l’hiver. Pour être optimal, placez-le dans un endroit ensoleillé, à l’abri du vent et à proximité de vos fleurs.

Source: site de C. Bernier
Source: Site de C. Bernier

Si vous avez assez d’espace, la plantation d’une variété de types et de hauteurs de plantes procurera différents abris pour les oiseaux et autres petits animaux. De plus, vous pouvez laisser les plantes et les feuilles mortes sur place à l’automne pour diversifier les habitats et les abris pour les insectes.

agriculture urbaine

Le jardinage a gagné en popularité et l’engouement pour les semences ne se tarit pas. Même si vous n’avez pas accès à un lopin de terre, il est possible de jardiner en bac, sur son balcon et pourquoi pas sur une toiture pour les plus audacieux.ses. Tous les légumes ne nécessitent pas autant de profondeur, de soleil et d’eau que les tomates. Certains, comme les laitues et les haricots, vont se contenter d’un petit pot, sans trop de soleil. Les livres et le blogue du Jardinier paresseux sont de bonnes ressources pour qui veut se lancer dans un jardin.

Source: wwf
Source: WWF

Vous pouvez partir vos plants à partir de graines achetées ou récupérées de légumes bio. Lufa propose aussi des semis de légumes dans des contenants biodégradables que l’on plante directement. Si vous achetez des plants en pots de plastique, pensez au moins à les conserver pour démarrer le jardin de l’an prochain avec les graines récoltées cette année. Si vous avez la chance d’avoir une parcelle de terrain assez grande, garder vos résidus alimentaires et composter sur place au lieu d’envoyer votre précieuse matière dans la collecte municipale. Il faut toutefois faire attention, on ne peut pas mettre dans le compost résidentiel tout ce qu’on met dans celui de la ville. Les restes de viandes doivent entre autres être évités.

En conclusion, ne lésinez pas sur la verdure ! Que ce soit un immense domaine autour de votre villa, une ruelle verte, un carré d’arbre, ou tout simplement un balcon, vous avez probablement accès à un espace extérieur que vous pouvez aménager et verdir. Vous avez ainsi la chance de contribuer positivement à des enjeux environnementaux tout en embellissant votre environnement.

 

 

Pour vous inspirer davantage et voir en application certaines de ces idées par ici : Un potager urbain avec presque rien

Par Eugénie Lessard pour l’association québécoise zéro déchet
Sources

Bernier-Genest, C. (2020, 31 juillet). Hôtels à insectes : pourquoi et comment. C’est toi ma  ville : Mon regard sur Montréal. https://cbernier.wordpress.com/2020/07/31/hotels-a-insectes-pourquoi-et-comment/

Écohabitation. (2015, 25 septembre). Éviter les zones imperméables. https://www.ecohabitation.com/guides/2497/eviter-les-zones-impermeables/

Espace pour la vie. (s.d.) Attirer les pollinisateurs au potager. https://espacepourlavie.ca/attirer-les-pollinisateurs-au-potager

Espace pour la vie. (s.d.) Plantes nectarifères. https://m.espacepourlavie.ca/plantes-nectariferes

Franti, T. G. et Rodie, S. N. (2013). La conception des jardins de pluie. Université du Nebraska. https://drive.google.com/file/d/1bIpHXNnIEQ_ONRza1tn-2r_AmUYjpapD/view

Gobeille, L. (2018, 26 mai). Aménager un espace pour les pollinisateurs. Le Devoir. https://www.ledevoir.com/vivre/jardinage/528620/billet-amenager-un-espace-pour-les-pollinisateurs

Melchior, A. (2018, 16 avril). 8 idées toutes simples pour favoriser la biodiversité au jardin. Écoconso. https://www.ecoconso.be/fr/content/8-idees-toutes-simples-pour-favoriser-la-biodiversite-au-jardin

Parent, J.-P. (2012, 21 avril). Semer des mauvaises herbes dans votre pelouse!. Espace pour la vie. https://m.espacepourlavie.ca/blogue/semer-des-mauvaises-herbes-dans-votre-pelouse

Vivre en ville. (2013, 24 octobre). Îlot de chaleur urbain. http://collectivitesviables.org/articles/ilots-de-chaleur-urbains.aspx